dimanche 1 novembre 2015

Hors-Jeux n°6 : ITW de Christophe Goffette (réalisateur du film Uchronia).

 
Who's the goof ?

Si vous êtes amateurs de ces drôles de types qui font du bruit depuis leurs guitares électriques, arborant fièrement des cornes de diable la chauve-souris en bouche, il est très probable que vous le connaissiez déjà. On doit en effet à cet ex-rédacteur en chef du magazine Best la création de Crossroads. Il a aussi dirigé Fluide glacial, crée le magazine de cinéma BRAZIL et l’association BLUE INDIENS. Si vous êtes cinéphiles et détestez Luc Besson (ce qui n’est pas incompatible et désormais autorisé), vous apprécierez son article cinglant publié dans Brazil à propos du boss d’Europa - un papier largement relayé dans les médias, Gros Bill ayant poursuivi en justice le Goof pour ses propos. Ce surnom ne vous dis toujours rien ? Alors allons à l’essentiel !

 

                                Photo © Eddy Brière

Christophe Goffette est un touche à tout, passionné de cinéma et d’univers alternatifs, indépendant
(je crois qu’on dit frondeur de nos jours), journaliste depuis plus de 25 ans.
 
Pré-affiche signée Reza Benhadj.

Son actualité ? Il vient de terminer son premier film ! Un projet en chantier depuis maintenant 5 ans. Ce long métrage, tourné à l’arrache, sans budget, fait d’entre-aides, de sueurs, d’idées barrées et de patience... en est à sa phase de post-synchro. Une fois monté «Uchronia » (son titre définitif) devrait durer 1H40. Le casting réuni quelques zuns et zunes de ses potes et potesses comme : Terry Guiliams, Chantal Lauby, Zoé félix, Johan Kounen, Maurice Bartélemy et Noel godin notamment, soit plus de 40 acteurs ou actrices au total - et pas des moindres !        

Or c’est maintenant que vous pouvez intervenir ! Le goof vous propose en effet de participer à cette ultime étape (pour bien finaliser et distribuer le film). Quelques contributions originales et atypiques vous seront offertes en échange. Comment ça vous ne souhaitez pas diner avec Zoé Félix ou Terry Gilliam ? 

Le lien du Kickstarter est juste là =>

https://www.kickstarter.com/projects/1384014760/uchronia-un-long-metrage-de-christophe-goffette

Pour avoir plus de détails sur la genèse de ce film, par ailleurs, vous pouvez aussi lire son interview ci-après toute fraiche du jour !

L'ITW !

Salut Christophe ! Alors dis-moi (entendre ici un ton à la Ardisson, non reproduit par la suite - on est sur MSN !) : Comment résumerais-tu le sujet de ton film ? Pour quelqu'un qui n'aurait pas les références citées dans le speech d'origine surtout… Je remets ci-dessous le speech présent sur la page Kickstarter du coup :

UCHRONIA (un long-métrage de Christophe Goffette)
Imaginez "1984" d'Orwell adapté pour Kaurismäki par Groucho Marx, Kafka et Philip K. Dick —et avec les Monty Python. Voilà UCHRONIA !

Christophe Goffette...

Résumer le film pour ceux qui n'ont pas connaissance de ces références, c'est difficile. S'ils n'ont aucune de mes références, ils n'adhèreront pas au film, je pense… Mais pour simplifier, disons que c'est un monde en soi, différent mais pas tant que ça, du nôtre, où les gens sont un peu comme un élevage de consommateurs. Ils ont des boulots débiles, qui ne servent à rien, sauf à leur faire gagner des crédits qu'ils dépensent en achetant des trucs tout aussi inutiles. Tous les intérieurs sont munis de télés géantes, qui ne s'éteignent pas et dont on ne peut pas baisser le son. Il n'y a qu'une chaine, TV one, qui chie de la pub et des émissions débiles en permanence. Les gens ne se parlent plus, communiquent par une espèce de réseau mondial très intrusif qui leur donne par exemple leur nombre de branlettes autorisées dans la semaine, etc. Là-dessus, mes deux personnages principaux vont vivre les premières étapes d'un couple (premier rendez-vous, etc.), sauf que rien n'est tout à fait comme on l'entend nous… Ajoute à cela des sollicitations permanentes qui les font se retrouver dans des endroits assez dingues, etc.

Je trouve ça plus vendeur, résumé comme ça personnellement.

C'est toujours plus vendeur quand je rentre dans le détail, oui, mais je ne voulais pas le faire sur la page Kickstarter, je préfère rester plus évasif. Aussi, je ne voulais pas que les textes fassent trois kilomètres (surtout que je devais tout traduire).

Et ça me permet de raconter des choses différentes en interview !

 
 

D’où t’es venue l’idée de ton histoire ?

L'origine du film ?… J'étais à Cannes, je regardais cette fourmilière et je trouvais ça hallucinant autant de gens qui vivaient du cinéma mais pas pour le cinéma. J'ai commencé à rêvasser et à me dire qu'avant c'était forcément mieux (air connu). Et puis, quand on parlait de cinéma, à la télé notamment, on parlait de pognon, de pognon et encore de pognon. J'ai donc mélangé tout ça avec mes différentes colères contre cette saloperie qu'on pourrait résumer comme étant "le système", et j'ai décidé de tout distordre en allant vers l'absurde.  

 
 
 
Comment s’est déroulée l’écriture de ton film ?
 
Tout a été écrit par plusieurs strates successives. En général, chaque rôle parlant (tous ne le sont pas, et il y a une raison à cela, mais… surprise) a été écrit une première fois dans le scénario, puis une seconde fois pour l'acteur ou l'actrice en particulier, quand celle-ci ou celui-ci a confirmé sa participation. Enfin, je ne donne le scénario et les dialogues qu'au tout dernier moment et souvent je les réécris le matin même, ou disons je les bouge un peu, je les bouscule (les dialogues, pas les acteurs- encore que !) pour que ça reste spontané et frais, parce que je ne veux pas que ce soit « récité ». Une fois encore, cette façon de procéder est lié au film lui-même, mais ça je ne peux pas vraiment l'expliquer en amont.

Là-dessus, je compose aussi en fonction des uns et des autres. Par exemple, pour Gilliam, vu qu'il joue 8 personnes en même temps et que le découpage était super précis, on a changé au fur et à mesure car il ne respectait rien du timing prévu ! …
 
 
Est-ce qu’il y a une ou deux réplique(s) dont tu n’es pas peu fier ? Une scène en particulier ?

Je suis assez content des dialogues. J'y ai apporté un soin tout particulier. C'était important, car il s'agit de manipulation la plupart du temps, il fallait donc que certains mots reviennent, certaines formulations même, que ça en devienne abrutissant parfois. Le but était de refléter cet aspect-là de la société, mais toujours en allant vers l'absurde…  
 
 
Côté scènes, il y a des fulgurances, mais je ne sais pas si ce sont mes moments favoris, je ne cherche pas à accrocher les rires en fait. C'est une comédie où il ne fait pas bon rire, je crois, ahah… J'aime beaucoup les scènes de l'agence first rendez-vous (mes deux personnages vont consulter pour voir s'ils sont autorisés à être en couple) et de l'agence first fuck (ils découvrent les joies de la galipette effrénée et, idem, veulent en être !) parce qu'elles se répondent, parce que la seconde est un peu une scène miroir de la première. Les plans avec le dealer (Thomas vdb) sont très bien aussi, la vidéo-conférence avec les 8 Terry Gilliam, la scène d'animation avec Jan Kounen en ouvreuse de cinéma en lévitation…La scène de Novöel (contraction de Noël et nouvel an), mais où rien ne va comme prévu, etc., en fait, tout me plait… J'ai essayé justement de ne pas garder —à l’écriture— des choses qui me paraissaient en deçà…
 
Un ajout imprévu amené par un acteur ou une actrice et qui devrait booster la réussite du film ?
 
Pour ce qui est de l'apport des acteurs, tous ont joué le jeu à la perfection – c’est le cas de le dire ! Tous ont donné le meilleur. Parfois, ils étaient un peu à contre-emploi (Chantal Lauby), voire complètement hors de leur zone de confort (Fred Chau), mais tous ont bien assuré. La scène qui m'a le plus éclaté, et c'est celle qui a été vraiment faite à l'arrache, c'est l'intervention piratée des terroristes du FkidiNNN, « le Front qui dit non non non ». J'ai expliqué ça à Noël Godin et Jean-Marc Rouillan, on a été dans les chiottes du cinéma où ils étaient venus présenter le nouveau (très bon) film de Jean-Henri Meunier, et on a fait 4 prises avec un iphone !!! Les trois premières, je n'arrivais pas à ne pas rire… mais la quatrième, la plus réussie en plus, est la bonne ! Je précise : c'est tourné à l'iphone car c'est censé être ensuite du piratage télévisuel et informatique. C'était inutile d'avoir une image propre pour la sagouiner ensuite, autant avoir déjà un truc un peu brut de pomme. Et de toute manière, ça s’est fait comme ça ! J’ai écrit le texte à 19h30, on s’est vu une heure plus tard, à 21h c’était dans la boite et on buvait un chouette vin jour pour fêter ça !!… Et c'est à pisser de rire ! Je la regarde tous les jours, pour le plaisir ! …
 
Dans ton casting il n'y a pas Jean Rochefort curieusement ... tu sais ce moustachu un peu hautin et spirituel, qui fait beaucoup de premier films ; je crois que tu le connais un peu en plus ...
 
 
Rochefort, je ne peux pas dire. Peut-être, peut-être pas… ahah…
 
 
Combien de salles vont accepter, d’après toi, de distribuer le film et cette « autre proposition » ?

Je ne sais pas combien le film aura de salles, on verra bien, ça n’est pas le plus important. On va d'abord faire les festivals (et des avant-premières que je vais sans doute boucler moi-même) et on verra ensuite (ou en même temps) qui aura envie de le distribuer et comment… Et s'il faut monter une boite de distribution, hé bien, je le ferai !!…
 
Comment tu t'y es pris pour réunir les fonds au fait avec une telle distribution ?

Pour les fonds, c'est simple… il n'y en a pas !!… Le tournage lui-même, à la base, est "participatif" ! J'ai réuni des gens qui avaient envie de participer au projet, et ça s'est fait comme ça, comme une bande de potes qui s'amusent à créer un truc ensemble. Au final, ça aura peut-être coûté 15 ou 18000 euros, essentiellement de la bouffe et du bon vin !… Parce que si c'est le plus petit budget de l'histoire, pour un casting de ce niveau, c'est aussi le film où on mange le mieux !
 
C’est un projet entre Mocky et les clefs de bagnoles quoi ^^
Comment s'est constitué ce casting de dingues ... ?

Le casting s'est fait au fur et à mesure… D'abord les plus proches, puis en continuant de rencontrer les gens, etc. Je crois bien que personne n'a dit non, en fait. Il se trouve juste qu'avec certains, on n'a pas trouvé de créneau par exemple —ou que ça s’est mal goupillé. Parfois, ça s'est joué à pas grand-chose. Par exemple, Hélène de Fougerolles devait jouer la scène de l'agence first rendez-vous, et moi je cherchais un lieu (tout rose !). On a trouvé le lieu, mais je ne pouvais tourner qu'un dimanche bien précis et ce jour-là Hélène emmenait sa gamine à Disney pour son anniversaire. J'ai donc basculé sur Delphine Chaneac, que j'avais rencontrée… la veille ! Et dont Vincenzo Natali m’avait dit le plus grand bien. J'ai demandé à Delphine avec qui elle aimerait jouer. Elle a cité Zoé Felix en premier, je trouvais Zoé archi sous-employée, j'ai récupéré son téléphone, je lui ai expliqué tout ça, et trois jours après on tournait !
 
A quel type d'images faut-il s'attendre ?

Côté image, il y a beaucoup de choses différentes. On a tourné au 5D, à quelques exceptions près, donc ça peut limiter (mais pas tant que ça, en fait, à part si par exemple tu veux avoir un plan séquence et changer dix fois le point de suite…). Il y a des choses très simples, à une ou deux caméras posées, mais il y a aussi des superpositions, il y a du fond vert, il y a des plans à l'épaule, il y a des plans extérieurs très épurés, il y a une scène d'animation, il y a des logos 3D… Ce qu'il n'y a pas, c'est du découpage cut-cut. Sinon, j’essayais d’adapter la mise en scène de chaque scène à la scène en question, avec en tête tout ce qui serait ajouté par la suite, il y a un gros boulot sur le son qui sera fait en post-prod par exemple. 
 
 

 
Penses-tu avoir fait quelques emprunts (niveau mise en scène, éclairages…) ?

Côté mise en scène, il n'y a aucun clin d'œil ni emprunt véritable, non. Pour ce qui est des sources d'inspiration, ce sont des réflexions que je me suis faites après coup, je n'ai pas non plus eu conscience de tout ça à l'écriture, mais tous ces auteurs sont des gens que j'ai lus et relus ado et jeune adulte, et encore aujourd'hui, et le mélange de tous ces gens fait ce que je suis, plus ou moins. Ou en tout cas explique ma façon de remodeler les éléments avec lesquels je suis en contact.
 
As-tu déjà gratté un petit topo qui relaterait tes succès et galères du début du projet jusqu’aujourd’hui ? Un genre de journal de bord d'où sortiraient quelques anecdotes sympas, en plus de ce que tu viens de livrer ici ?…

Tout sera dans le bouquin, avec le steelbook limité numéroté proposé sur kickstarter ! Le bouquin n’existera pas autrement —et il n’y aura jamais de commentaire audio, car il m’est impossible de tout dire tout raconter, il y a trop d’idées, si tant est qu’on puisse avoir trop d’idées dans un film !…
 
Prévois-tu une bande-annonce bientôt, un trailer comme on dit ?

Il en faut un, oui, mais je ne veux rien faire qui aille dans le sens de l'histoire. Pour l'instant, je suis parti sur une fausse pub de présentation d'une visite guidée de cet endroit, Uchronia, comme un truc pour une espèce de club med, tu vois ?
 
Monde West ! Il y a plus de studio que d'extérieur ?

Plus d'intérieur que d'extérieur oui, car beaucoup de choses de notre monde n'existent pas dans Uchronia. Il n'y a pas de voitures par exemple, donc ça limite beaucoup les prises de vue extérieures « urbaines ». Surtout que je ne voulais aucun lien physique avec un endroit ou un autre, pas de nom de rue, pas de bâtiment connu, etc.
 
Subway ?
 
 
Commence pas avec les insultes ! ^^

Ça donne envie en tout cas ^^

Honnêtement à l'écriture, je pense que ça se tient vraiment. Il y a 15 idées par plan, c'est très riche, mais en même temps je pense que ça reste fluide parce qu’on reste très proches des acteurs et donc des personnages. Et il y a pas mal de surprises, dont je ne peux pas parler bien sûr…

Je pense qu’on n’a pas mal de choses-là, pour se faire une idée du film. J'ajoute ici la page Facebook pour plus d'infos => https://www.facebook.com/uchronia.lefilm/?fref=photo

Quelques questions supplémentaires, pour terminer ! Est-ce que tu peux me citer un truc que tu aimes bien parmi les trucs suivants que tu n'aimes pas ?…

Un disque de rap ?

J'aime bien Body Count, mais ça n'est pas vraiment du rap ! De La Soul aussi me plaisait bien, mais il a de « vrais » musiciens/instruments, ceci expliquant cela…

Body count... et son fameux cop killer

Un jeu vidéo ?

Je joue à Fifa une fois tous les trois mois ! C'est très limité… J'aime bien le saut à ski et le ski sur wii, je faisais ça avec mes mômes quand ils étaient petits… Rien d'extraordinaire et je n'y connais vraiment rien de rien.

Un film de Luc besson ?

Le dernier combat (par défaut), mais pas revu depuis 30 ans !

Une émission TV ?

J'aimais beaucoup "La nouvelle édition" le midi sur Canal avec Ali Baddou, je ne regardais rien d'autre et je ne regarde même plus depuis que ce n'est plus lui !… Si, Tracks parfois…

Ton livre, disque, film de chevet pour finir...

Livre, disque, film de chevet, ça change tout le temps…

Bouquins : En ce moment, je relis plutôt les classiques de l'âge d'or de la SF (K.Dick, Silverberg, Disch, Spinrad, Heinlein, Vance, Sturgeon, etc.), avant de conseiller mes mômes qui sont maintenant en âge de les lire…

Disques : j'ai 12.000 disques, j'écoute de la musique tout le temps, vraiment impossible de faire ressortir quelque chose, j'ai mes périodes, mais elles changent vraiment régulièrement. Ce soir, je n'ai écouté que des trucs US produits par mon pote Eric Ambel, mais demain ce sera complètement autre chose…

Films : avec le temps, j'ai une espèce de peloton de tête… Dans ce peloton il y a des films comme Brazil, Fight Club, Arizona Dream… Mais j'ai aussi mes périodes… je fonctionne beaucoup par réalisateurs, voire auteurs-réalisateurs, ou même scénaristes, plutôt que par rapport aux acteurs ou autres… Et forcément on retombe toujours sur les mêmes : Peckinpah, Fuller, Gilliam, Blier, De Palma, Coen bros, Jarmusch, Winding Refn, Anthony Mann, Ford, Hawks, Kustu, Boorman, de la Iglesia, Verhoeven, Boyle, Tarkovski, Altman, Huston, Lang, Preminger, Romero, Fulci, Jordan, Waters…

Une dernière pour conclure ! Quel nanar conseillerais-tu en film, quel disque curieux dont tu ne sais pas toi pourquoi tu l'as souvent en tête et un juste UN livre STP, pas une librairie ^^ !
 
Un nanar ?… hum… Les aventures de Jack Burton… oui, le Carpenter. Un vrai nanar pour moi, dans le bon sens du terme.

Côté musique, je n'ai jamais de choses en tête, assez curieusement ! …

Mais dans les choses entêtantes (mais avec un peu plus de distance), ça pourra être la B.O. d'Eddie Vedder pour Into the Wild, par exemple…

Un seul livre… Gilliamesque, le bouquin de Gilliam qui vient de sortir, c'est mon livre de chevet actuel !!!

Merci !

ITW réalisée par VinZ (sans Pepito ni Pepsi), le 31/10/2015.

Lire d'autres Hors-Jeux => http://jeuxvideoretroblog.blogspot.fr/2013/10/itw-del-didou-10-ans-apres-game-one.html

 

mardi 20 octobre 2015

Sujet, verbe, compliments: L'Histoire des jeux vidéo polémiques (de Benjamin Berget)


Avant-propos...
Cet article a pour objet de décrire ce que l’on trouve dans le volume 2 de l’Histoire des jeux polémiques. Il a été réalisé (après lecture de l’ouvrage) et à la suite d’une ITW de Benjamin Berget -son auteur- qui a gentiment accepté de répondre à mes interrogations sur la conception de sa trilogie.
Benjamin vient tout juste de sortir une biographie sur YU SUZUKI (aux éditions Geeks-line) - mythique game designer à qui l’on doit des hits intemporels en arcade tels que Space Harrier, After burner, Hang on ou Out run. Il travaille actuellement à la rédaction du troisième et dernier volume de l’histoire des Jeux vidéo polémiques.  
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Le contexte…

En France, l’offre en livres traitant du jeu vidéo est particulièrement dense. L’étude historico-ludique est à la mode et accompagne, depuis un peu plus de dix ans maintenant, un engouement exponentiel pour les jeux vidéo anciens. Ces derniers sont de plus en plus traqués, dès l’aurore, en brocante, et certaines pièces sont exposées au grand palais ! Les journalistes et animateurs qui font et défont cette nouvelle tendance -dite du retro gaming- jeunes et vieux, confirmés ou émergeants, y vont tous de leur bios, mooks ou DVD ou créent leurs boites d’éditions ; alors que les magazines papiers refont surfaces et que les blogs de joueurs se multiplient. Tout le monde youtube tout le monde autour de ses souvenirs de joueurs qu’ils soient trentenaires ou d’une semaine. Il y a indéniablement dans cette abondance de lectures du bon mais une menace commence à poindre : certains thèmes et sujets ont tendances à revenir. Mario, Sonic, ZELDA, Final fantasy, la grande et les petites histoires du jeu vidéo font déjà l’objet de plusieurs publications, de qualités variables, dans des approches très similaires. Les « bibles » sur les anciennes consoles ressortes, avec un contenu augmenté, en version intégrale, les anthologies se muent en encyclopédies. On commence à se rapprocher de cette période du business musical où sortaient les BEST OF, VERY BEST OF et ULTIMATE OF période durant laquelle se vendait, jusqu’à l’indigestion, pratiquement la même chose. Heureusement, le jeu vidéo n’a pas encore tout dit et c'est ce que tant à prouver le livre abordé ici. Ce dernier nous parle de jeux vidéo qui dérangent, et ayant même créés, d’un rien ou à raison, de véritables polémiques -les jeux d’horreurs et de tortures pour ce volume.

L’objet aborde du coup des titres qui se font habituellement tout petits, presque honteux - trop éloignés qu'ils sont des grands classiques ou de leurs clones poilus dans les ouvrages de références. Les thématiques qui se dégagent de ces titres à scandales sont abordés surtout, analyses des faits à l’appui et les mécanismes enclins à engendrer une polémique en ressortent démasqués. Bien entendu, la trame du livre et l'approche des titres empruntent beaucoup à ses modèles, en reprenant fatalement beaucoup d'évènements déjà traités dans d'autres livres (du krach du jeu vidéo de 1983, jusqu'au Paris Games Week qui a mal tourné mal  avec Call of Duty). On ne refait pas l’histoire !  Tous les softs traités dans cette trilogie sont abordés en cinq parties : il y a le pitch du jeu, son fonctionnement, son développement (pour la partie réservée aux anecdotes si chers aux passionnés) et enfin la polémique et l’analyse de cette dernière -les grands plus du bouquin! 

La genèse…

L’histoire des jeux vidéo polémiques a commencé pour son auteur en 2010. Et bien qu’il n’y a à ce moment qu’un seul éditeur spécialisé et de référence sur la Playhistoire (terme d’ailleurs inventé par ses fondateurs), Benjamin Berget semble déjà anticiper la nécessité d’écrire un livre original. PIX N LOVE refuse toutefois le livre -qui, à leur décharge, n’en est qu’au stade du plan et propose une structure quelque peu décousue. Il est intéressant de noter d’ailleurs que depuis Benjamin travail pour le mook des pix men - sa persévérance et la qualité de son travail a donc fini par triompher de l’exigence de l’éditeur.    
 
En 2011, l’année suivant, de nouveaux éditeurs commencent à émerger sur le secteur du retro gaming et, depuis, Benjamin a écrit le premier volume de sa trilogie. L’ouvrage trouve enfin ses premiers fans : les éditions consoles syndromes. Malheureusement, la toute jeune maison d’édition subit un flop retentissant avec sa publication dédiée aux jeux indés dématérialisés et doit stopper les rotatives. En 2012, le sort s’acharne, c’est au tour des éditions PK de passer son tour pour publier le volume 1 des « polémiques » suite à des ventes insuffisantes du volume trois de GAMES HISTORY ; plus risqué que les deux volumes précédents et qui peinent à démarrer. C’est finalement via « Mon petit éditeur », en 2013, dans la catégorie Essai que le premier livre de l’histoire des jeux vidéo polémiques voit le jour : Jeux de course / action et jeux érotique. Il s’en vendra plusieurs centaines, de quoi financer ce second opus.      
L’histoire des jeux vidéo polémiques volume 2…

 
 
Quatorze titres (sept par genre) sont traités dans ce volume : Chiller, Takeshi’s Challenge, Night Trap, Mortal Kombat (un jeu emblématique dans l’ambivalence qu’il peut y avoir entre l’interdiction d’un produit et la multiplication de ses ventes. Mais aussi un jeu auquel l’auteur est très attaché pour y avoir joué étant jeune) et enfin Manhut 1 et 2 qui constituent la liste des représentants des jeux de tortures. The punisher, Resident evil 1 et 5, The House of the dead, Sanitarium, Silent Hill, Agartha et Rule of rose qui ont quant à eux pour charge d’illustrer les jeux d’horreur.
S’ajoutent à ces listes les « Vues d’ensembles » et qui abordent : les dangers des jeux vidéo violents, le traitement médiatique des jeux vidéo et l’addiction au jeu vidéo : Le sel du livre !

De cette manière sont notamment abordés l’acharnement de certains politiques et l’ignorance calomnieuse dont ils font preuve à l’égard du jeu vidéo, l’image négative et à charge que les médias donnent à notre loisir depuis ses débuts (avec un parallèle très pertinent réalisé avec l’histoire de la bande dessinée). L’addiction et les comportements dangereux que peuvent engendrer le jeu vidéo n’étant pas, pour autant, épargnés. 

Sujets, verbes, compliments…

Bourré d’informations, à en perdre le fil (par instant), le travail de documentation fourni est remarquable.
Et comme pour faire écho au précèdent ouvrage (et pour compléter cette saga dont tous les épisodes ont étés abordés dans le volume 1 : Jeux de course/action et jeux érotiques) le livre revient, par ailleurs, sur GTA V. De la même manière, le volume trois est introduit dans ce second opus (puisqu’il sera plus particulièrement consacré à la politique et à la liberté d’expression et comprendra une vue d’ensemble les affaires de meurtres impliquant des joueurs de jeux vidéo). 
 

C’est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse du livre : il y a beaucoup de chose et qui, par endroits, font un peu pièces rapportées. Je pense notamment aux chapitres où il est question de Hotline Miami 1 et 2 et à une partie plus volumineuse, posée au cœur du livre et consacré aux beat them all. Si ces parties font sens, un peu plus loin, complétant les thématiques et l’éventail des titres abordés, elles m’ont un peu interrogé. Dans le même ordre d’idée, de longues notes en bas de pages, et de nombreux renvois -qui parfois envahissent littéralement les pages du récit principal- prennent aussi le risque de rendre le livre confus...  

Attention, toutefois, hein, qu’on se comprenne bien !

On est loin des livres de « thésards » qui sous prétexte de penser haut sur le jeu vidéo font vendre de l’aspirine ! Dans cet ouvrage la langue de Molière et le jeux vidéo sont largement réconcilié, le fond comme la forme sont soignés et fluides.
En bref, si j’étais testeur à consoles plus et que ce livre était un jeu (je sais, ça fait beaucoup de si !) disons que je mettrais un 92% pour cet ouvrage. 99 % pour le contenu (oui, je me dois tout de même de retirer un point pour les propos tenus sur RESIDENT EVIL 2… je ne polémiquerai pas là-dessus ici. Benjamin, on en reparle si tu veux bien ! 87 % pour la forme (qui, à deux trois reprises, le temps d’une ou deux pages, m’a donc un peu perdu) et 90 % pour l’esthétique (le style, principalement -le vocabulaire est assez riche sans être bloquant et l’effort de joindre analyse et thématique sans oublier l’aspect mini-tests remis dans leur contexte gorgés d’anecdotes qui vont bien). Il y a même quelques mots pour le moins inédit dans le champ lexical lié généralement au jeux vidéo à l’écrit et que j’ai pu relever : Succube (la), circonspects, opprobre, fange (la), obole…

Merci aussi pour ça !   

 
La conclusion…

En lisant ce livre, hyper documenté, on a l’impression de lire une revue de presse, étendue sur plusieurs années, des polémiques liées aux jeux vidéo tout en bénéficiant en temps réel, de l'analyse qui en découle. Comment ne pas adhérer ? Les faits sont exposés ... et à la fin de l’ouvrage une interview de Shane-fenton achève de nous convaincre des vérités et contre-vérités établies par l’ouvrage.  
Benjamin Berget, qui écrit sur le jeu vidéo depuis une dizaine d’année, vient de sortir une biographie de YU SUZUKI aux éditions Geek-lines. L’auteur travaille actuellement au troisième volume des jeux vidéo polémiques : La politique et la liberté d’expression qui va conclure la trilogie. Les jeux vidéo de son enfance les plus marquants sont : Dongeon Master (sur Atari ST), Golden Axe (sur master system, la version qui se déroule tableau par tableau) et Mortal Kombat (sur Megadrive).

 VinZ

jeudi 15 octobre 2015

GUNBIRD -Cash Converter- SPECIAL EDITION


Puté ! Comme on dit dans le sud. Mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour me retrouver là ? Le lieu impose une température de 15° supérieure aux normales saisonnières et l’air est saturé. Il n’y a aucune fenêtre. Quant à l’unique source d’air frais, une baie vitrée entrebâillée juste à l’entrée du magasin, elle est bien loin désormais.

Faucheman depuis peu – « broke as fuck » (comme dirait Eminem à tous les any men)- j’ai du temps libre … en me promenant par hasard, j’ai remarqué l’enseigne. Maintenant je presse le pas, foulant ce linoleum collant et élimé, évitant, çà et là, tous les regards suspects, vindicatifs, des quelques rares clients qui trainent ici. Avide, aux aguets et à l’affut du moindre bibelot émergeant du fatras ; pareil aux dingues qui m’entourent. Je suis en sueur mais approche enfin du but: la toute dernière pièce de ce temple délaissé du culturel à pas cher ; introduite par une enseigne aguichante et lumineuse autant que persuasive: « Jeux Vidéo/ Retrogaming » est mentionné dessus.

A quoi m’attendre ceci dit ? Ce n’est qu’un vaste bordel, que j’ai traversé jusque-là. Equipements sportifs usagés (aux marques de sueurs encore visibles), instruments de musiques (n’ayant jamais connus la gloire), livres énormes (de par leur taille), succès inconnus (de chanteurs oubliés) et autres yaourtières ou imprimantes massives à faire pâlir Laurent Cabrol… du rien, partout.

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Seuls les fous, les fans de Johnny Hallyday, les personnes recherchées pour meurtres ou pour haute trahison peuvent trouver ici leur bonheur pensais-je à ce moment précis- et d’ajouter que vous ne savez pas à quoi vous échappez vous autres, cafés en mains, dans vos bureaux climatisés, à brasser des millions. Arrivé dans la pièce si convoitée (seulement par moi, en fait), la thématique vendue par le néon est bien conforme à mes attentes. L’endroit, quasi désert, trente mètres carrés qui en font dix, est habillé d’un papier- peint crasseux et déchiré faisant écho à la moquette, sonore, comme un biscuit que l’on écrase tout aussi ragoutante. Toutefois, l’ensemble est parsemé de bacs garnis et d’étagères, aux éclats familiers.

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Mal classées, affublés de boitiers dans des états divers : des jeux vidéo de différentes générations. Massés là, dans des caisses à fourre-tout, entre quelques films d’horreurs aux titres inconnus (seuls leurs illustrations, extraites de vieux télé K7 nous font comprendre qu’il s’agit de bandes enregistrées), livrés aux chalands et aux dénicheurs les plus concentrés -quelques fruits tombés à leur côté, en provenance de l’étagère du dessus, au contenu explicite et titres évocateurs, d’en rajouter un peu. Je m’approche d’une des caisses. A l’intérieur : des titres Nes, des Cds (Playstation), des dvds (PlayStation 2), une vidéo Supervixen, quelques téléphones en provenance de Mars, un guide du bricolage pour les nuls et à nouveaux quelques cartouches…

L’un de ces jeux pourrait-il sauvez le monde ? Ce monde où règne l’argent, le pouvoir, la nouveauté, l’odeur du neuf et du tout dernier cri… Aie ! C’est rien, juste mon dos. Les contorsions… Me détendre un peu me suffirait bien à défaut. Après quelques brasses effectuées à l’aveugle -et loin des profiteurs qui font du gras du rétro-chic, gangrénant peu à peu mon budget, maltraitant ma passion- j’y pioche bientôt ma récompense : GUNBIRD Spécial Edition ! Et c’est donc ici, dans cet espace confiné, improbable, et aux murs décrépits -que je viens outrageusement de caricaturer, dissimulant un style à l’écrit on ne peut plus besogneux- et « sans un sou » que je fais ma dernière acquisition. Je règle les 3 euros réclamés par l’hôtesse d’accueil (la vendeuse quoi ^^) et rentre vite fait, sourire aux lèvres.

GUNBIRD : Quésako ?

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GUNBIRD est un shoot them up à scrolling vertical (jouable à 1 ou 2 joueurs) sorti en salles au mois de septembre 1994 et presque 10 ans plus tard, en 2005, sur PS2. C’est le second jeu d’une toute jeune société : Psikyo, née en juillet 1992, suite à un différend entre Vidéo System et Shin Nakamura ; son fondateur -le créateur du célébrissime Sonic wings (Aero fighters, de 1992) et de Rabio lepus (son premier titre à voir le jour, en 1987). Vidéo system avait pour ferme intention de porter ses prochains titres sur NEO GEO (à commencer par Sonic wings 2 /Aerofighters 2) ce qui impliquait, d’en abaisser la résolution. Shin Nakamura n’acceptera pas ce compromis (très relatif pourtant). Il préfère donc claquer la porte et fonde Psikyo. Une entreprise aujourd’hui culte et avec laquelle Monsieur Nakamura finira d’ailleurs par éclipser son ancien employeur. Dans la chronologie des shoots made in Psikyo GUNBIRD s’intercale entre Samurai aces (Sengoku Ace) et Striker 1945, qui lui emboite le pas. Le décor est planté.

C’est un titre à la fois singulier et qui reprend, dans les grandes lignes, tout ce qui a fait la force des titres cités à l’instant (et notamment, en terme de Game design et d’histoires à plusieurs fins: Aerofighters et Sengoku Ace.). Nous avons là: des graphismes soignés, une animation sans failles, des explosions superbes, le tout dans des décors variés et colorés (et tout en profondeurs). Le challenge a relever est VRAIMENT modulable, et donc pensé pour tous, la difficulté oscille entre les niveaux : « Bébé », « enfant » ou « très facile » (dénominés comme tels !) et jusqu’au traditionnel niveau « normal » (sous entendu très dur) et au-delà … là, bon courage ! Enfin, et SURTOUT, un scénario simple mais très abouti (et qui va varier en fonction du personnage choisi parmi les cinq disponibles dès le départ) vient ajouter un attachement naturel aux sympathiques protagonistes et une re-jouabilité très agréable au jeu.

LES VOEUX DES PERSONNAGES DE GUNBIRD

Des personnages aussi sympathiques que comiques aux caractéristiques fortes, aux motivations drôles et bien pensées qui enrichissent le scénario et que l’on doit au magaka Masato Natsumoto. Il est à noter, d’ailleurs, qu’à l’inverse de ce qui se pratique habituellement, l’adaptation en manga de GUNBIRD sera réalisée après que les illustrations et le character design soient faits pour le jeu. Le bestiaire ennemi, enfin, les éléments du décor qui explosent – délivrant, au passage des bombes bonus et « power up » qui sont autant de d’occasions d’augmenter sa puissance de tir et ainsi décupler le foisonnement de projectiles déjà présent à l’écran (ou au contraire la diminuer, si on heurte un obstacle) – mais aussi les boss, d’une variété fort plaisante (qui vont du vaisseau lambda à la tête de mort géante) s’étant, quant à eux, déjà chargé de vous fidéliser.

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Voilà une quête commune-consistant à trouver un miroir magique porteur de votre vœu le plus cher- et qui s’étale sur huit niveaux ! Des vœux qui sont, bien entendu, différents d’un personnage à l’autre, donnant autant de fins variables. Voilà qui ne peut se refuser ! Gunbird Spécial Edition contient, en prime, un autre jeu : Gunbird 2 ! A titre de comparaison (C’est le cas de le dire !) pour jouer à Samourai Ace et à sa suite (présentes dans Psikyo Shooting Collection Vol. 2: Sengoku Ace & Sengoku Blade) il vous en coutera entre 15 et 20 euros sans les frais de port (voir d’import !). Quand rejouer au premier Aero fighter vous en coutera le double.

Cerise sur le gâteau (c’est une image hein, n’allez pas croquer dans un boitier PS2 !) le titre est en pal, et offre donc l’avantage d’une notice traduite et sans inconvénients puisque les modes 50 et 60 hertz sont tous les deux sélectionnables ! La résolution du jeu, sa rapidité, ses musiques, son rythme seront donc fidèles à la qualité de retranscription souhaitée par leurs auteurs. Voilà qui pourrait donner envie de faire un petit tour dans un cash converter à la fraiche de temps à autre… même si les prix commencent, par là aussi, à augmenter.

VinZ

samedi 20 décembre 2014


RETROGAME Blog - Sélection (2009-2014) =>


HORS-JEUX (Les Interviews)

El didou (Présentateur culte)- Monsieur Garcin (Artiste)- SCIOL (Dessinateur)- Moise the Dude (Rappeur)- Gioacchino Petronicce (Cinéaste) - Alain Le Guirec (Programmeur)- Daniel Ichbiah (Ecrivain) - Gemu Otaku (Gérant) - Florent Gorges (Editeur)

Les ARTICLES (ceux des miens qui puissent se lire)

Edito (Saison 5- saison finale)

Rayman

Les Illustrations de L'Intellivision

Souvenir de joueur (F1 Spirit)

Roger Corman's Rock & Roll Racing!

Les Jeux video et la politique

Super Runner (MSX 2)

Le bon, la brute, le truand... sociologie du type de joueur

Retro vers le futur (Episode I- les jeux de foot)

Critique de "Nos Jeux video" (premier livre de Marcus)

Ig Mag (hors-série n°1) - Critique du livre de Lakav...

Punch out

Duel (de Bandai), séquence déballage

Idée de thème pour un forum

Hallowiin

Insector X

Tomb Raider

Tron et le tommytronic 3-D

Les CONTRIBUTIONS (Souvenirs & Tests de Jeux par des gamers pour les gamers...)

Yace (Retrogame)-Bruno Rocca (Nolife)- Fredric Sanchez (Retroland)-Chritopher Billaud (Culture games)-Olivier Pastor (Games History) -Boby Jack (Retrotaku)- Alain Le guirec (Programmeur)-Sylvain Romieu (Chroniques Ludiques)-Arthur Meurant (MaSQue)- Guillaume Verdun (MO5.com)- Mathieu Goux (Grospixels)- Gemu Otaku (Retrogame)-Reck (Les Jeux de papa)- Hiero (HD Corp.)- Daniel Ichbiah (Ecrivain)- Los Angelinos (Bloggeur)- David Ricardo (Player one) - Mon pote le Joe (Customiseur du dimanche, pour Super Nes) -
Jibé (Zeplayer)

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samedi 31 mai 2014

HORS-JEUX N°4: ITW de Gioacchino Petronicce (cinéaste)


Chaque mois (ou un mois sur deux) une personnalité en retrait du monde médiatique, un artiste émergeant en quête de gloire ou de fortune revient sur son parcours et son actualité. Après el didou (Animateur mythique), Moise the dude (rappeur) et Sciol (Dessinateur, peintre, illustrateur du blog), c'est au tour de Gioacchino Petronicce, cinéaste, de nous parler de son travail...
 
 
Bonjour Gio, que dirais tu de toi pour commencer ?

Bonjour, je me prénomme Gioacchino Petronicce. Je travaille sur l'image, le son, l'écriture et la réalisation. Cela m'est venu assez tard, vers mes vingt quatre ans, et depuis j'y ai consacré pas mal de temps. A la base je ne connaissais rien, je n'avais aucune culture ou connaissance technique de quoi que ce soit.


J'ai commencé par faire des études de psychologie, de sociologie et de philosophie pour par la suite partir en école de cinéma. J'ai fini cette école il y a environ deux ans et depuis je travaille surtout comme réalisateur, monteur et photographe. Je m'intéresse surtout à la forme courte et expérimentale, même si je développe en parallèle des projets sur des formes bien plus longues.

Je suis émerveillé par le réel. J'aime regarder la vie des gens dans la rue et tendre mes oreilles afin de saisir l'instant magique d'un lieu.
 

D’où te viens cette envie de filmer ?

Mon envie de filmer découle d'une envie de partager des choses. De véhiculer des sensations et des émotions. Mon envie de filmer ne découle pas nécessairement d'une envie de raconter une histoire. Elle émane d'un réel besoin de développer quelque chose de sensitif.
C’est une vocation ou un long cheminement, tu dirais…?


A l'origine cela ne devait pas être une vocation. Etant jeune, je ne m'intéressais pas à l'image, au son, à la musique, à la littérature, etc. C'est plus un long cheminement. Un besoin d'expression grandissant qui se faisait de plus en plus présent. J'ai commencé par me mettre à la musique vers mes vingt et un ans. J'ai assez vite composé et surtout je cherchais à donner une âme à ce que je faisais. Par la suite l'expérimentation sonore m'a donné des envies d'écrire. Et mes écrits m'on poussé à vouloir  les mettre en image. Vu que j'étais ignorant j'ai tenté ma chance dans une école de cinéma.

 
Bien avant tout ça des amis très proches me disait qu'il me verrait bien faire du cinéma. J'avais à priori une tendance à me projeter, à visualiser les choses, à les imaginer, à les décrire, puis la passion nous emporte et un sentiment nous transperce. Je ne le voyais pas mais certaines personnes l'ont vue à priori. C'est ce côté, et ces personnes, qui m'ont poussé à aller en psychologie. Mais la psychologie ne m'a pas suffit. Je crois que d'essayer de comprendre ne me satisfaisait pas. Je me retrouvais plus au travers de la création et dans l'expression émotionnelle d'une chose. Pendant un temps la musique à joué son rôle mais elle ne m'a rapidement plus suffit non plus. J'ai donc cherché une discipline qui se prêtait mieux à ce que je recherchais. Et c'était l'alliance du son, de l'écriture, et des images. Alors vocation ou cheminement ?

Quel est le moteur principal qui te donne l'idée d'un film ?

Le moteur principal qui me donne l'idée d'un film c'est la pulsion, le fantasme d'une image ou d'un son, le hasard. C'est plein de choses je crois. Ce n'est pas toujours facile mais il faut fouiller au fond de soi pour trouver et souvent on ne trouve pas. Le meilleur moyen d'avoir une idée c'est je crois d'être investi par un sentiment, une émotion, un fantasme, quelque chose de fort.  Il faut être proche de son « intérieur ».

Ce qui est dur c'est qu'une fois qu'on a trouvé l'axe que l'on veut travailler, une fois qu'on est investi d'un réel fantasme qui nous inspire, et bien il faut arriver à canaliser ce fantasme et à le mettre de côté pour pouvoir le réactiver à un instant précis. Car une idée sous un angle émotionnel ça va et ça vient. Il faut stabiliser cette émotion et en faire une variable mémorisable et contrôlable. Pourquoi ? Car il arrive qu'entre la naissance d'une idée et sa concrétisation se passe plusieurs mois voir plusieurs années. Un projet audiovisuel est long, lourd à mettre en place, dur, et couteux. Il faut donc garder ses idées et ses ressentis bien au chaud.

 
Il y a un avantage à ce que la concrétisation d'une idée se fasse tard par rapport au moment où cette idée a été imaginée. C'est que si deux ans après avoir eu une idée, cette idée nous semble encore bonne, et si elle nous investit toujours d'une émotion persistante et vigoureuse c'est certainement que cette idée est intéressante.

La naissance d'une idée pour ma part marche au flash, au ressenti intérieur de quelque chose, puis par la suite je fais un effort d'intellectualisation de cette forme abstraite afin de la développer de manière concrète cette idée sur du papier.
Je ne filme pas sous l'effet de la pulsion. J'ai plus tendance à écrire. Je dois avoir environ une quinzaine de courts métrages en stock dont un long. Certains sont développer à 20 % et d'autres à 90%. Ecrire est une chose, en faire un film c'est autre chose. La réalité c'est qu'un film demande des moyens humains, beaucoup d'énergie, de l'argent et beaucoup de temps. C'est assez frustrant...

Qu’elles sont les différentes étapes qui composent ton travail ? De l idée au montage final...comment tout ça s’enchaîne ?

Les étapes de mon travail sont généralement les suivantes :

Trouvé une idée.
Développer cette idée de manière très large.
Trouver un concept.
Recadrer le développement large de l'idée vers le concept.

Puis j'écris point par point la construction du film (image, son, montage).
Cela me donne un découpage précis.

Ensuite le but est de recueillir la matière visuelle et sonore nécessaire.
Et de confronter cette matière avec le postulat de départ.


Par la suite l'idée est de voir si la forme imaginée par rapport à la matière recueillit est la bonne.
Si c'est la bonne c'est génial et si ce n’est pas la bonne il faut revoir intégralement le montage, le concept, et se remettre profondément en question ; accepter qu'on se soit vite emballé dans notre idée voir même planté. Il faut surtout apprendre de cette erreur pour éviter de la subir une autre fois.
Quelles sont tes influences majeures ? Niveau images, sons, musique, cinéma...

Mes influences majeures dans la musique sont variées car j'écoute beaucoup de sons.
Une de mes plus grandes influences dans le passé a été Radiohead. Et un de mes rêves serait de bosser corps et âme jusqu'à en mourir s’il le faut sur un de leur clip.


Au niveau de la pub, mon influence première a été Bruno Aveillan. J'aime beaucoup ses premiers travaux. Quand je suis tombé sur ses œuvres je me suis dit : « Ouaip ! Il y a quand même moyen de faire des trucs de fous en pub ! ».
Niveau cinéma j'aime beaucoup de films. Dans tous les cas un bon ou mauvais film nous apprend toujours quelque chose. Dans uns sens, un bon film nous inspire et un mauvais film nous éduque.
Quels sont tes productions artistiques préférées niveau disque, film, bd, jeu vidéo, livre…

 
Mon jeu préféré est : « ICO ». J'ai tout aimé. Le nom, l'atmosphère, le son, les vastes étendues, le temps qui semblait s'écouler comme dans notre monde. En tout cas c'est le seul jeu que j'ai abordé d'une manière unique. J'avais l'impression à l'époque de redécouvrir les jeux vidéo.


C'est très dur de dire qu'elle est mon disque préféré. Car cela change en fonction des périodes. J'ai plusieurs disques préférés en fonction des moments. Si je devais choisir, ce serait « Kid A » de Radiohead. Je l'écoute depuis 2001 et je trouve qu'il n'a pas pris une seule ride. J'ai la conviction que cet album ne se démodera jamais. Cet album offre une vision et une perspective extraordinaire. C'est de la grande création. Dans le style je trouve que c'est ce qui a de meilleur et de loin.


Je ne lie pas de BD.

Mon livre préféré : « Le portrait de Dorian Gray » d'Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde. Je l'ai dévoré comme aucun autre livre. Cela part d'une idée simple raconté d'une façon maniéré mais avec beaucoup d'intelligence. De manière générale, je n'ai jamais vraiment aimé lire car j'ai souvent des problèmes de concentration en lisant. Mon esprit se met à divaguer et je perds le fil toutes les cinq lignes. Ce livre m'a tellement fasciné que mon esprit est resté concentré de bout en bout. Et à chaque fois que quelqu'un me parle de livre je lui parle du portrait de Dorian Gray. Sauf qu'il me semble que nous l'avons tous lu...
 

Mon film préféré est : « The fountain » de Darren Aronofsky. Même si aujourd'hui, je ne le vois plus sous le même angle, je trouve que ce film est plein de qualité, de créativité et de perspective. Il ma mis une bonne claque la première fois où je l'ai vu. Puis, je suis retourné le voir le lendemain et j'ai pris une nouvelle claque. Il y a des passages qui ne marchent pas forcément très bien, mais il y a des passages et des idées qui fonctionnent à merveille. Je cite ce film car c'est un film que j'ai vu avant de prendre la décision d'intégrer une école de cinéma, il a donc joué un rôle important à ce moment là. Je ne sais pas réellement si c'est mon film préféré car la liste pourrait être longue. En tout cas d'un point de vu sensitif c'est le film qui m'a le plus bougé et qui m'a le plus marqué.

Que penses tu de la dernière pub de Leclerc ou ton travail semble imité...


Je ne sais pas si les créatifs se sont inspirés d'un de mes travaux qui y ressemble fortement. En tout cas plusieurs personnes ont cru que j'étais le réalisateur de cette campagne et ont été surpris que ce ne soit pas le cas. D'autres personnes m'ont aussi parlé de plaggia. Je pense que ce film aurait pu être meilleur. La gestion du rythme aurait pu être facilement autre et plus précise. Les enchaînements auraient pu être moins cassants et plus « rond ». L'image aurait pu sonner moins studio et être plus proche de la réalité. Ceci dit je trouve qu'elle fonctionne et c'est certainement le principal.

Il existe un autre film publicitaire dont je tairais le nom qui ressemble plus qu'étrangement à un autre de mes travaux. Il se trouve que les créatifs et réalisateur me connaissaient car je les avais rencontré pour leur exposer mon travail et il se trouve aussi qu'ils sont entrés en relation avec moi à la période du développement de ce projet afin d'en savoir d'avantage sur un aspect de mon ancien travail.  Quelques mois après je tombais sur la pub à la TV. J'ai fouillé du coup sur internet et je me suis rendu compte que la personne qui m'avait contacté n'était autre que la réalisatrice de cette pub. Il faut du culot quand même.

Dans tous les cas c'est sans grande importance à mes yeux. Ce qui m'intéresse personnellement c'est de faire évoluer une forme. Je ne m'arrête donc pas à ce qui a été fait, je me concentre sur ce qu'il sera possible de faire.
Quels sont, dans les films que tu as fais, celui qui a ta préférence, celui qui a le mieux fonctionné et enfin, celui qui a été déterminant...

Le plus de vu c'est « Pictures » qui doit être aux alentours de 380 000 vues.
Le plus déterminant a été « Game Over ».
Celui que je préfère c'est le prochain que je ferais...
Blague à part, celui que je préfère c'est Game Over, car cela représente ce que j'aime le plus faire.

Tu as gagné un peu de sous avec tout ça? En temps, en moyen ça te coûte... non ?

 
Je n'ai pas gagné de sous avec « Pictures » et « Game over ». Cependant « Game over » m'a permis de travailler sur des projets qui m'ont fait gagner des sous.Ce sont des vidéos que j'ai produite moi même et seul. Donc cela m'a couté environ 100 euros par vidéo. Et beaucoup de temps à organiser, tourner, enregistrement des sons, « dé-rushage », montage, mixage.


J'ai tourné à l'époque avec un 7D, 3 optiques (zeiss 50mm 1.4, canon 100mm 2.8 et un tokina 11-16mm) et un trépieds photo. Pour le son j'ai utilisé principalement un zoom H4n.

Merci Gio... les apprentis cinéastes vont pouvoir avancer avec toutes ces réponses ^^ Et bon courage, pour la suite! 

vendredi 30 mai 2014

F-Zero, par Christopher Billaud


Anecdotes de gamers

Une fois par mois (parfois deux) un joueur expérimenté (de la catégorie des passionnés les plus vifs ) nous fait revivre une licence, un jeu marquant, une console... autour de ses souvenirs personnels, d'anecdotes inédites et autres petits plus qui forgent le style et la passion. Ici, c'est le rédac-chef de Culture games (un site qu'il est bien!) de nous parler de F-zero...

- Tu veux quoi pour ton anniversaire mon gamin ?

- F-Zero !

- Hein ? Ah ! Encore un de tes trucs de jeux sur ta “Nitendo” là ?

- Oui Mémère !

- Et bah viens mon gamin, on va t’acheter ça !

Ma grand-mère maternelle Geneviève, plus connue sous le pseudo de Mémère, m’a offert F-Zero sur Super Nintendo pour mes 9 ans, aux environs du 11 mars 1994. Et oui, ma grand-mère m’a offert le jeu vidéo le plus rapide du monde. Tu peux pas test...


F-Zero, la démo technique de la Super Nintendo

Tout d’abord, présentons rapidement F-Zero pour le mec du fond, là-bas.

En octobre 1988, SEGA dégaine la Mega Drive avec l’objectif de plomber Nintendo sur le marché des jeux vidéo. La console est puissante, rapide, et affiche des couleurs dignes d’une borne d’arcade. Nintendo doit donc répliquer avec une machine à la hauteur. Plutôt que de se battre sur les couleurs ou la puissance, le géant nippon va mettre au point le Mode 7.

 
Le Mode 7 est un programme permettant de jouer sur la taille et l’orientation des textures d’arrière-plan pour générer des rotations et des zooms. En jouant avec les perspectives, on peut ainsi obtenir un genre d’effet 3D révolutionnaire à l’époque.

F-Zero sort en même temps que la Super Famicom au Japon, le 21 novembre 1990. Le jeu se situe en l’an 2560 et nous met aux commandes d’un hovercraft futuriste (à choisir parmi quatre véhicules) pouvant dépasser les 500 Km/h ! Au-delà d’un simple jeu de course, F-Zero fait également office de démonstration technique du Mode 7 avec des perspectives qui donnent une sensation de vitesse folle.

 
Autant dire que le jeu faisait rêver. Il arrive en Europe en juin 1992, deux mois après la Super Nintendo. Le temps que l’information n’arrive à mes petites oreilles, nous sommes déjà en 1994…

 Acheter un jeu vidéo au début des années 90

J’ai grandi dans une ville de taille moyenne. Il n’y avait pas de magasins spécialisés dans le jeu vidéo. Il fallait donc tenter sa chance dans les supermarchés pour trouver une cartouche, sauf qu’ils ne disposaient pas d’un rayon très étoffé. De temps en temps, on faisait une demi-heure de route avec mes parents pour trouver un Mammouth, un supermarché plus grand avec un rayon un peu plus étoffé. Sauf que les jeux étaient dans une vitrine fermée à clé. Le responsable acceptait de l’ouvrir à condition qu’on soit sûr d’acheter un jeu… On ne pouvait toucher les belles boîtes en carton qu’une fois notre décision prise. On achetait donc parfois les jeux avec les plus belles jaquettes, tout bêtement. Un exercice périlleux quand il faut claquer les 500 francs économisés depuis Noël ou son anniversaire… C’est comme cela que les joueurs avec plus de 25 ans d’expérience comme moi ont développé une sorte de super pouvoir : rien qu’en regardant la pochette d’un jeu, on devine s’il est bon ou pas.


 F-Zero : bon / Race Drivin’ : pas bon

 
Bref, pas beaucoup de choix possibles. L’alternative était de s’orienter vers la boutique de jouets du centre-ville. Elle avait très peu de jeux vidéo et ces derniers étaient vendus plus chers qu’ailleurs, mais on pouvait y commander le jeu de notre choix.

Choisis ton jeu mon gamin

J’ai donc tout juste 9 ans et je vais au centre-ville avec ma grand-mère pour acheter F-Zero. Après quelques minutes de marche, nous arrivons à la boutique de jouets.

Quand j’entends des amis me dire qu’enfants ils n’avaient pas le droit de jouer aux jeux vidéo, je me dit que je suis un sacré veinard. Non seulement mes parents me laissaient jouer, mais mes grands-parents aussi. Et quand je demandais un jeu pour Noël ou mon anniversaire, je l’avais. Faut dire que j'étais un "bon gamin". De bons résultats à l'école, pas de problèmes avec l'autorité, une bonne éducation.

- Choisis ton jeu mon gamin.

- Il n’est pas en rayon...

Ma grand-mère s’adresse alors au gérant du magasin qui nous répond qu’il faut commander F-Zero car il ne l’a pas en stock. La commande est passée, on reviendra dans quelques semaines. Oui, “semaines”...

Premier contact, enfin !

F-Zero arrive enfin chez le vendeur de jouets. On passe le prendre, on rentre, et comme à chaque fois, je lis le livret avant de lancer le jeu. A l’époque, les livrets ne servaient pas seulement à mettre les droits d’utilisation et la liste des commandes. On y trouvait souvent le scénario du jeu, un descriptif des personnages, des artworks et parfois même une bande dessinée.
 
 

La BD de F-Zero est même en français !


 Je lance enfin le jeu pour la première fois. Inutile d’en faire une énième apologie, F-Zero est cool. Le générique épique, le souffle des bolides volants, les couleurs flashy qui défilent à toute vitesse : un vrai baptême du feu pour qui aurait une légère tendance à avaler sa langue…

Merci Mémère

Je profite de cette tribune pour remercier ma grand-mère. Les jeux vidéo ne sont pas du tout de sa génération, et elle ne s’y intéresse pas. Mais elle n’a jamais été contre, même quand je jouais à Street Fighter II à 7 ans (“bouh les jeux vidéo ça rend violent”, tout ça). On dit que l’humain a peur de ce qu’il ne connaît pas. Faut croire que ma grand-mère n’a peur de rien…

Si on aime les jeux vidéo, ce n’est pas uniquement parce qu’on aime jouer. C’est aussi parce que c’est un vecteur fort de liens sociaux. Ces petites cartouches en plastique ont permis à tous les joueurs de créer des amitiés et d’emmagasiner des souvenirs qu’on se raconte avec nostalgie.

Aujourd’hui, F-Zero fait toujours partie de ma petite collection de jeux. Rangé soigneusement, dans un état proche du neuf, je le conserve religieusement. Pas seulement parce que c’est un bon jeu, mais surtout parce que c’est le jeu que ma grand-mère m’a offert. C’est le jeu qui me rappellera ma Mémère pour toujours.

Ma grand-mère m’a offert le jeu vidéo le plus rapide du monde. Tu peux pas test...


Christopher Billaud (alias Ristou)

Né en 1985, ma première expérience vidéoludique s’est déroulée sur la console de mon père, une Hanimex SD-070 Couleur (ça en jette, hein ?). J’ai ensuite connu la renaissance du jeu vidéo avec l’arrivée de la NES. Depuis, je suis un vrai passionné de jeu vidéo, son histoire, sa culture, toutes ses petites anecdotes qu’on aime se partager entre amis. J’ai donc tout naturellement intégré l’équipe de Culture Games en tant que rédacteur fin 2008, avant de devenir rédacteur en chef l’année suivante. Le site est, pour mes compères et moi, l’occasion de partager notre passion du jeu vidéo, avec de la bonne humeur et des Pépitos !

 
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