dimanche 4 décembre 2011

« Nos jeux vidéo », critique du livre ou de Marcus ?


Il y a bien longtemps sur une chaîne très lointaine…


En 1999, pour être précis, sur la chaîne Game one (époque du câble). Deux émissions : « Level one » tout d’abord et « Mémoire vive » -son complément nostalgique et désormais mythique- captent toute mon attention.


Partie immergée de l’iceberg « jeux vidéo », visible à la télé, ces deux programmes feront date et continuent d’ailleurs d’exister, après évolutions. Mon premier devient « Chez Marcus » à l’antenne sur Nolife, le second « Retro game one » reprenant, quant à lui, le concept original de « Mémoire vive », d’Alex Pilot et Jean Monset, sur la chaîne éponyme. Rendons de suite à Marcus ce qui lui appartient (c’est assez rare pour être surligné) : il a présenté l’ensemble de ces programmes et on lui doit le level one (De1998, il y a 14 ans).

Aujourd’hui, il sort un livre qui réunit toutes ses passions dans un énorme retrogame show.


Vous y trouverez, pèle-mêle :

Tout le "savoir-faire" de l'émission « retrogame one » :
Des images (de jeux anciens) et commentées comme dans « Mémoire vive », pour le bonheur de tous. Et puis: le reste. Quelques ajouts à ce concept, directement liés aux goûts, influences et gimmicks du personnage; autrefois présentateur et journaliste. Ses « pti’zamis » à qui il s’adresse en permanence (exit les connaisseurs, les passionnés et plus âgés), la machine spatio-temporel (prise à retour vers le futur, « l’innovation » du show), l’humour-type « jean n’oublie » ou pris aux « Nuls » (Le professeur Thibault en lice). Et autres postiches tout droit sorties de Star Wars ou d’un quelconque Dorothée club pour s’agiter sur une musique, ACDC, assez souvent...
Il y a tout ça ! (l’imagerie habituelle, les emprunts, le même humour), tout y est. 

L’animateur entend, je crois, rendre accessible le dixième art en l’incarnant de cette manière. Le « pathétique gamer » comme il se nomme lui-même et sa « gros doigt-titude » veut, semble-t-il, vulgariser le jeu vidéo pour le sortir de son « carcan ». Ainsi, alors que ce loisir culmine parfois à l’œuvre d’art et bien qu’il reste, pour la plupart « des joueurs lambdas », une marchandise plutôt que tout, il lui ajoute du « rigolo ».

M comme Mégalo (de marque Sega ?)

Mais bordel !…quel est son but ?

Il est partout, il sait tout faire ! Des t-shirts, marquetés comme étant ses créations, de la télé (sur les deux chaînes citées plus haut), des chroniques (Jeux Actu), des préfaces –notamment celle du livre concurrent « les 1001 Jeux auxquels il faut avoir joué dans sa vie » (édité chez Flammarion) où il écrit deux pages (sur les mille deux sorties)- et alors quoi? Il est en couv, c’est l’essentiel ! Et puis, donc, l’objet de cet article ce fameux livre ! « Nos jeux vidéo » coécrit avec un biographe de renom (celui de Thierry Ardisson) et -il le scande- « mais réécrit par lui » ! Il en fait trop, j’en passe un peu !


Il est présent, on s’est compris ! Sur les salons (du livre , du jeu vidéo), dans les boutiques (avec une tournée régulière et nationale pour l’enseigne Micromania), dans la presse où il prête notamment son image, dans le carré des abonnements pour l'EXCeLlent Ig mag,  (ennnfoiré! -Coluche Inside-^^). Et puis, bien sur, sur internet. Allant même, sur la toile, jusqu’à estampiller d’un « Marcus approuved » le moindre site tentant d’éclore, jean passe encore (humour de goût) et des moins bons! Attention toutefois, quelques conditions sont certainement à rassembler pour obtenir son bon soutien…« manger cinq fruits et légumes par jour » ? Comme il ne cesse de conseiller ? Don Marcus, si tu me lis...partage moi ça, si t'es un geek ! 

Mais pourquoi donc commettre ce livre ? Quel est le but de tout cela ? Animer une émission grand public à résonance nationale, il me semble. L’omniprésence, sur tous supports et comme moyen d’y arriver.

Je pose, dans ce cas, une question…


Avons-nous là l’incarnation télévisuelle du Jeu vidéo en France? Une sorte de Patrick Sébastien avec des jeux « en qui plus est » ? Et bien oui et pas que ! « Hier, il s’est fait la tête de Sonic. Demain, vous pourrez aller le trouver dans un salon et jouer avec lui dans le Super Marius Land (authentique !!)»… voilà qui donne à réfléchir ou pourquoi pas « participer à une discussion ou un débat (sur un forum ou autre) dans le but de susciter ou nourrir artificiellement une polémique, et plus généralement de perturber l'équilibre de la communauté concernée » ! Vous venez de lire la description du verbe: troller !

Allons, allons, pas de ça ici. J’arrête de suite de faire le « troll » -le nouveau mot qui vient en bouche quand sur le net l’on dit qu’on pense- pour revenir à la critique... le livre.

Chacun sa croix (directionnelle) !

Depuis deux ans maintenant -les grand esprits se rencontrent- je bosse sur un projet équipollent (les lecteurs du blog, attesteront le fait et même, sûrement, le susnommé.). C’est d’ailleurs à ce titre qu’il m’apparait intéressant (peut-être à tort) d’interagir! Et bien, ma foi, je suis déçu ! J’attendais mieux ! Et du journaliste, de vingt âges. Et du passionné, fort sympathique… au capital qui va avec. Mais bon, voilà.

Il reste du pain sur toutes les planches…

Notre Takahashi Meijin à la française -fidèle au rôle qu’il s’est donné- reste très pauvre en anecdotes. Il n'y a que peu de vécu, rédigé et réaliste dans son histoire, beaucoup de choses sont survolées et les « moi-je » sont trop nombreux ! Un peu plus de contexte, aussi, pour restituer, chaque jeu, dans son époque aurait fait vivre le récit. Sur ce point on préférera, probablement, le contenu plus dense du livre d’Erwan Cario « La grande histoire du jeu vidéo » (qui péchera lui sur d’autres points : une vision plus contemporaine du jeu vidéo, à travers laquelle on ressent une culture plus pc et moins consoles, moins nostalgique, organisé… mais c’est un autre sujet.). Enfin, surtout, avec un titre si rassembleur « Nos jeux vidéo », il convenait, également, de proposer un ouvrage plus fédérateur. Déjà épais, ce « mook géant » aurait pu se doter de signatures supplémentaires ; à l’image,certes, du concurrent et de ses « 1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie », écrit à 40 (ici les titres, à contrario, sont mal choisis et trop nombreux : chacun sa croix, décidément !). Le contenu aurait gagné à s'épaissir de ces points de vues contradictoires ou au contraire fédérateurs.


J’abrège !

« Cher mais plus économique qu’un album réalisé par Panini (les images, nombreuses, ne sont pas autocollantes) le cahier de vie de Marcus, écrit en attaché, ne devrait pas louper sa cible : amateurs de Nutella, de Simpson, de blagues péraves ou de listing, un très bon choix de jeux vous est ici fourni. Les ptit’zamis, vous serez ravis! ». Quant aux miens (pour ceux que nous avons en communs), je vous remercie, de le rester !

Mon avis final, synthétisé, revient à dire qu’on ne peux pas tout faire ni être partout et pour tout le monde lorsqu'on est qu'un, c’est impossible ! « Nos jeux vidéo » aurait donc du s'appeler « Mes années Retrogame one » par son animateur -ou quelque chose du genre- en intégrant, de fait, des anecdotes et plus personnelles, autour des jeux, de l'émission.



Mémoire Vive- la fin-

Bref. Qu’on la lui donne son émission à résonance nationale!
De mon coté ? Je rends l’antenne !

Le VinZ Carnivore (« Blackmarcus mode »)