vendredi 30 septembre 2011

Se souvenir de MIDWAY par jibé (zeplayer.com)

Voilà quelques semaines que Mortal Kombat a redoré son blason auprès de la communauté des joueurs qui voyait cette licence comme kitsch et ridicule. Il faut dire que Mortal Kombat n'est pas un jeu de combat comme les autres. C'est un style, une empreinte même; celle d'un éditeur :


Aujourd'hui disparu, il reste étrange de voir la boite de ce nouveau Mortal Kombat sans ce logo qui aura fait rêver des millions d'adolescents durant les années 90.


Et à ceux qui ont toujours voulu opposer les tribulations des Ninjas Scorpion et Sub Zero à celles de Ken et Ryu, un rappel est nécessaire. Car si Mortal Kombat est bel et bien sorti en arcade face à Street Fighter II en 1992, c'est certainement plus pour profiter de la mode des jeux de combats alors en vogue.Car il ne faut pas être grand esthète en la matière pour se rendre compte que les deux jeux n'ont rien à voir. Au gameplay technique, Mortal Kombat répond par la démesure graphique ( puisque digitalisation), ambiance volontairement kitsch rappelant les films de série B voire Z, et gore exacerbé confirmant un ensemble ravageur.


Visuel, punchy, et définitivement teenagers, Midway devenait un des porte étandards de l'arcade fun. « Cool ! » disait-on dans les cours de récré.L'on ne s'y trompera, pas et dès 1989, le jeu de Basket Arch Rivals donnera le ton. Véritable inspirateur de NBA JAM, il proposait des matchs qui se commuaient en véritable pugilats sur le terrain. « A Basket Brawl ! », tel était son pseudonyme.

Si l'absurde m'était conté.

Ainsi est la volonté de Midway, de l'accroche facile et visuelle au détriment du gameplay. Qu'importe, la cible est l'ado, considéré certainement comme public idéal car sans sens critique développé.


Énormément de jeux sortira par la suite, notamment de combat vu que porté par les excellents chiffres des Mortal Kombat, Midway ne pouvait s'arrêter en si bon chemin. Créateur du genre gore ridicule assumé, les jeux vont se propager comme la mauvaise herbe. Si Killer Instinct a su s'attirer quelques regards amoureux, on s'interrogera devant Wargods, Mace The Dark Age ou Bio Freaks, qui ont pourtant cette singularité.
Des personnages hauts en couleur, aux techniques saugrenues dans des univers grotesques.


A l'instar du cinéma burlesque et horrifique représenté par les productions Trauma, les jeux Midway deviennent un genre à part entière. Et c'est bien comme cela qu'il fallait comprendre le développeur, plutôt que de le comparer aux ténors que sont Capcom et SNK.
Il y a quelque part une profonde injustice. Tous avons eu ce plaisir coupable de s'essayer à de tels monuments. Pourquoi mettre Midway au pilori alors que sa seule intention était tout simplement de nous amuser.


Le jeu vidéo est un monde cruel. On plébiscite des héros, on porte aux nues des licences et on les quittera sans se retourner. Si le reboot du dernier Mortal Kombat obtient de bonnes critiques, c'est plus grâce à un buzz sans précédent des mois auparavant que pour l'amour du genre. Bien marketé un produit sera toujours rentabilisé.


A croire que Midway n'a jamais vraiment su se servir de ces méthodes, et se retrouve aujourd'hui six pieds sous terre. Un « Finish Him » qui l'aura conduit à cette funeste « Fatality ».


Peut-être que les développeurs se basaient sur la citation « Le ridicule ne tue pas ».
A tort; dans leurs cas, il assassine...
Jibé (zeplayer.com)

samedi 24 septembre 2011

Petit laïus sur la saga G.LOC par Jb (Gemu Otaku/Retrogame blog).


G.LOC en voilà un nom étrange pour un jeu vidéo !

Dans les lignes qui suivent je vais vous compter l’histoire du G.LOC avec deux approches très différentes.

La première sera assez classique il s’agira du rapport que j’ai eu avec ce « jeu machine » et des sensations qu’il m’a apporté; sensations tant sur le plan émotif que physique (j’t’expliquerai.).

La deuxième approche est une expérience de l'ordre de l'irrationnelle que j’ai eu avec cette machine, un jour bien précis, quelque chose d’inexpliqué et d'inexplicable mais je vous en reparlerai dans quelques lignes seulement.


Bon alors je pose une question : qu'est-ce que ça veux dire G.LOC, hein ...?
Ah bah tu sais pas ! Et bin ça veux dire (deux points ouvrez les guillemets) loss of consiousness by g force je traduis : perte de conscience par la force G.
Le jeu a été dérivé sous trois formes :
Upright (modèle debout) Deluxe (modèle assis monté sur vérins) et R360 (cabine tournant à 360 degrés: à éviter après les repas !).

Mode d’emploi de la borne simulateur G.LOC modèle Deluxe situé à la feu boutique "Jeux Vidéo’s" au 3 boulevard de Sébastopol 75004 Paris :

- Lisez attentivement l’avertissement contre l’épilepsie apposé dans l’établissement.

- Asseyez vous sur le siège de la machine estampillée SEGA, bouclez la ceinture de sécurité prévue à cet effet (le jeu se penche de 10 degrés de la droite vers la gauche donc faites TRES ATTENTION.).

- Insérez une pièce de 10 francs dans le monnayeur.

- Commencez à jouer.

- Quand le temps imparti est écoulé la partie est terminée.

- Voilà c’est tout.

Non ,plus sérieusement... indépendamment du modèle de la borne choisie, le jeu est intense et Yu Suzuki n’est certainement pas étranger à tout cela.


Le but de votre mission est des plus sommaire: casser du F14, c’est tout !
Le jeu commence sur votre porte-avion comme dans le mythique After Burner.Un décollage imminent vous propulse dans le bruit assourdissant de votre réacteur Turbo Fan Engine TF-40 P-314 et vous voici déjà en vol. Pas le temps de réfléchir. Dès que vous avez atteint votre altitude de vol, l’instructeur-resté au sol- vous donne votre ordre de mission: descendre 8 appareils ennemis en moins de 75 secondes. Là,0 le ballet peut commencer. Les balles résonnent, les missiles sifflent, les réacteurs des appareils ennemis explosent pendant que l’alarme d’avertisseur de dégâts de votre appareil sonne de façon stridente dans le cockpit.Tout ceci pour dire que l’enveloppe sonore du jeu est excellente; il n’y a vraiment que Sega pour combiner l’arcade et la simulation aussi bien.

Dans certains niveaux, la caméra passe de l’intérieur du cockpit en vue post-réacteur, quand vous êtes pris en chasse par un missile ennemi. Pour vous sortir de ce mauvais pas une seule possibilité : enclencher l’after burner qui risque de vous sauver la vie ou de vous la coûter (si vous ne faites pas attention à ce qui arrive en face de vous) !


En ce qui me concerne, j’ai joué de façon quotidienne à ce jeu, entre 1990 et 1992, mais un jour... tout ne s’est pas si bien passé que ça : c’est pourquoi ,je vous demande de vous concentrer et de lire attentivement les lignes qui suivent, dans le calme le plus absolu !
Bon, reprenons ! Nous sommes en 1991 le ciel est bleu et les petits oiseaux chantent.
Ce jour-là, je participais à une action d’entraide dans une association pour des personnes défavorisées. Ma mère me remit une pièce de 10 Francs à donner lors cette collecte. Au moment ou la personne chargée de la quête se rapprochait de moi je me dissimulais derrière un pilier tout en me disant que cette pièce de 10 francs dans le creux de ma main finirait bien plus volontiers dans le monnayeur du G.LOC... de toute façon ça n’est pas une pièce de 10 francs de plus ou de moins -pensais-je- qui changera quelque chose pour ces personnes en difficulté. Oui, j’ai été abject sur ce coup-là. Je sais…!

La réunion se termine et sur le chemin du retour le passage par la salle de jeu était inévitable. Et me voici, enfin, devant mon G.LOC. Je m’avance vers l’appareil comme un cloporte prêt à assouvir ses instincts les plus primaires.
Je rampe sur le simulateur et insère la sainte pièce, remise quelques instants plus tôt, (pour les défavorisés), dans la fente du monnayeur: celle-ci, sous l’action de la pesanteur, s’engouffre dans le mécanisme, fait basculer le contre-poids qui déclenche un aimant électrostatique attirant la pièce vers la tige métallique validatrice de crédit; qui reliée au micro switch envoi une impulsion déclenchant le crédit !

D’un index ferme et tremblant à la fois, j’enfonce: le sega illuminated yelloy round push start button (de marque Mullon modèle DHM1): la jouissance est instantanée !!!

Je regarde comme d’habitude, religieusement, la démo explicative qui montre de quelle façon locker un appareil ennemi. Puis, le jeu commence comme si de rien n’était.
Mais, au bout de quelques secondes, je me rends compte avec horreur que le simulateur refuse d’obéir à mes ordres !! En face de mes yeux écarquillés l’indicateur de stock de missiles m’indique que je dispose de 30 AIM-59C, mais, j’ai beau appuyer sur le joystick, rien ne se passe. Le Game Over arrive en quelques secondes. Furieux, je descends de l’appareil et me dirige vers le guichet pour porter réclamation et indiquer au tenancier du lieu que le joystick du simulateur connaît une panne sans doute bénigne mais fort gênante. L’homme au guichet, d’une soixantaine d’années, affublé d’une cicatrice à la lèvre inférieure (sans doute un ancien mafieux à la retraite) ne l’entendait pas de cette oreille ! Et, avec les quelques mots de vocabulaire à son actif, il me fait comprendre que ses machines sont en parfait état de fonctionnement.

Fort de cette expérience je rebrousse chemin et me plante devant l’appareil en attendant qu’un autre joueur se fasse prendre au piège afin de retourner voir le mafieux et lui prouver par A plus B que le simulateur connaît bien une malfonction.

Quelques instants plus tard, quelqu’un s’installe aux commandes, insère une pièce et commence à jouer. Et là, à mon grand étonnement le jeu fonctionne parfaitement ! Pourquoi ?! Cette borne Segacienne aurait-elle une conscience ? Le G.LOC aurait-il essayer de me faire comprendre quelque chose... mais quoi ? Que la pièce que j’ai inséré en son sein ne lui était pas destinée ? Et que je l’aurais, ignoblement, détournée de sa destinée ? Aurais-je été un instant en lien direct avec maître SEGA ou autre chose ? Nul ne le sait ! Mais encore aujourd'hui beaucoup de questions quant à cette expérience m'arrivent encore.
J’ai joué des centaines de fois à ce jeu avant et après et je n’ai jamais vu rien de tel : un jeu d’arcade se bloquer sans aucune raison et remarcher parfaitement après. Je vous laisse seul juge mais j’ai cru bon de partager cette expérience avec vous.


Pour ceux qui voudraient s’essayer à G.LOC, enfin, je leur conseille d’essayer la version R360 Servo Drive Mouving System: il s’agit d’une des plus belles réussites de chez Sega, c’est un appareil qui crée une parfaite alchimie entre l’arcade et les sensations physiques.

Pour ce faire, il fut un temps, la salle SEGA "la tête dans les nuages", au métro Richelieu-Drouot, possédait deux exemplaires de G.LOC R360 mais ils ne sont plus en exploitation aujourd'hui. Certaines soudures devaient être refaites pour raison de sécurité. Et bien figurez-vous que la direction a fait détruire les deux appareils car elle ne voulait pas payer les frais engendrés par la réparation ! Ils s’élevaient à 4000 € par machine alors que ces dernières ont coûté à l ‘achat 60 000 € pièce !

C’est vraiment du gâchis à mon sens surtout que si vous aviez été là au bon moment le gérant vous les aurait laissé pour un billet symbolique !

Malheureusement, c’est sur cette triste note que s’achève ce laïus qui, je l’espère, vous aura tout de même donné l'envie de tester un jour si l’occasion vous en est donnée le G.LOC R360 SDMS !
 
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