vendredi 26 août 2011

Ig Mag Hors-série numéro 1, la critique.

Cet été, beaucoup d'ouvrages, liés à l’univers du jeu vidéo ancien, étaient à lire. Parmi ceux-ci, ce premier numéro hors-série d' Ig Mag.


Si l’on veut déguster un trés curieux mélange emprunt d'une légèreté tenace voici un ouvrage, bizarre, fait de détails insignifiants (qui font tout son charme), d'une précision à tout rompre (avec quelques oublis, tout de meme !) et d'un zeste d'improbable.Voici un cocktail, hors-série, proposé par ig mag, plutôt bon, voir agréable. Dire qu’il est parfaitement inscrutif serait en revanche abusif. Il ne s’agit finalement que d’une compilation de vues, plus que de points de vues, et ne venant que d’un seul homme : Docteur Lakav (que je connaissais de nom mais sans jamais avoir vu son émission sur nolife.). D’emblée, je lui accorde, en tout cas, un sens aigue et même troublant de l’observation de ce média qu'est le jeu vidéo, qu'il semble connaitre de fond en comble.


Il y a toutefois quelques lacunes…

Page 116, à propos de Joe & Mac (je cite) : « La compagnie Data East ayant fait faillite, il y a peu de chances que l’on retrouve un jour une nouvelle aventure de Joe & Mac. ». Un remake n'est il pas en préparation ? (chez Golgoth studio), la société doit en effet sortir d’abord une nouvelle version de Toki puis s’attèlerait à Joe & Mac.

Continuons, P.88, une rétrospective de ghouls’n ghosts’n vous est proposé. Toutes les versions y sont citées, sauf la meilleure ! (Celle de la Supergraphx)…pas dramatique mais bon, le même expert vous explique, par exemple, P.174 que Pentaro de Penguin Adventure (l'illustration du blog que vous êtes en train de lire) est un manchot ! Alors bon, après ce genre de précision l’on doit s’attendre aux zéro fautes !


Tiens d’ailleurs, y a-t-il joué à Penguin adventure le mosieur ? Je cite (encore) : « Deux ans plus tard sort Penguin adventure, une suite assez similaire (en parlant d’Antartic adventure) plus connu pour de l’assistant-réalisateur que le jeu lui-même ». Faux! Et là… c’est l’estocade ! Je pourrais meme y voir une attaque personnelle ^^ ! Et beaucoup plus directe que celle de la page 212, dans laquelle Monsieur Lakav nous invite à ne pas (je cite toujours) : « écouter du A-ha et avoir une coupe mulet » pour mieux comprendre ce qui s’est passé dans les années 80 (rires) ! Bref ! Penguin adventure (Proclamé ici meme, sur ce blog, comme "le meilleur jeu de tous les temps") est un jeu excellent et n’a RIEN A VOIR avec Antartic aventure !

J’arrêterais là pour ces rares faiblesses, pour revenir sur les points forts. C’est un premier numéro, ne soyons pas, trop exigeant !


Il y a de nombreux articles, variés, dans ce premier opus. L'approche est très originale. Les quelques sagas du jeu vidéo présentes dans l'ouvrage ainsi que les différentes mascottes traitées le sont de manière chronologique. Mieux, toutes les apparitions, les plus infimes soient elles, des figures représentées, le sont, en véritables bioghaphies.

Très exhaustif, ce livre-magazine ne peut qu' apprendre de nouvelles choses.Notre auteur, qui a le soucis du détail et qui (accessoirement) parle mandarin, nous simplifie également l'accès à son travail, faisant un point, systématique, sur les sorties multi-supports et multizones des titres traités. Quand on sait à quel point, ces sorties, observées de « l’extérieure », peuvent paraitre compliquées, voilà un soin appréciable et suffisamment rare, même si parfois c'est un peu lourd, pour être sur ligné.

Quelques arguments (de mon point de vue) à l'achat de ce mook =

Crazy castle, Flicky, Fushigi no Dungeon, Hibiki Dan, Hiryu Strider, Kid Dracula, Joe & Mac, Kunio-Kun, Michael Jackson, Starfox & F-Zéro, Takahashi Meijin.

Mais le meilleur reste à venir !


Le hors-série, dans sa quasi intégralité, a, en plus, pour effet d’apporter de nouveaux éclairages sur le jeu vidéo grâce à de nombreuses observations propres au docteur. Des plus pertinentes à d'autres plus saugrenues, comme ces bougies dans Castlevania, qui symboliseraient, selon le doc, les âmes perdues du mont saint-michel (car oui, le château du comte serait inspiré du mont breton !), l'éclairage reste original, quoiqu’il en soit. De quoi creer des vocations !


Tenez, pourquoi pas ne pas voir, par exemple, dans l’image ci-dessus une publicité subliminale (que je viens, à l’instant, d’extraire de Wonder boy), une pub, disais-je, pour le Wacky wall walker !


L’octopus magic (son nom en France), est, en effet, lui aussi, issue de l’industrie japonaise et en plus de la même période !


Et comment ! Dites-moi comment, ne pas se prendre, insidieusement, au jeu qu’inspire ce hors-série? C’est là, pour moi, la force de ce supplément. Un excellent premier opus ou octopus... c'est comme on veut!

VinZ (Carnivore)

jeudi 18 août 2011

TEST Galaxian III Project Dragon / Editeur: NAMCO par jb (de Gemu otaku.).

Certains jeux peuvent marquer la vie d’un gamer et d’autres mois mais quand le doux patronyme de Galaxian III home theater 6 (6 étant le nombre de places disponible dans la borne) raisonne à mes oreilles je me sens traversé par un fluide vital qui s’infiltre entre mes orteils traverse mon appareil génital et fini par se loger dans mon cervelet droit en faisant frémir le tout. Quoi ?


Nous sommes en 1994 et un beau jour d’été faisant ma balade journalière dans ma salle d’arcade de proximité j’ai nommé Jeux Vidéo’s boulevard de Sébastopol Paris quatrième j’ai été surpris par un amoncellement inhabituelle de carton d’emballage et autre papier bulle jonchant le trottoir. J’entre dans la salle comme un seul homme m’apprête à effectuer ma partie de G.LOC quotidienne.

Mon attention fut attiré tout d’abord par un drap tendu en plein milieu de la salle masquant le font de celle-ci. Piqué de curiosité je m’approche croyant à une réfection des infrastructures du lieu.

Et la que vois-je ? Une pièce dans la salle.

N’osant imaginer l’impensable je m’enhardis et d’une main fébrile j’accentue la fente du drap tendu.

Et la l’inimaginable se produisit.

Fermez vos yeux (bon la ça va pas être facile pour lire la suite du teste) et imaginez ne serait-ce qu’une seconde une borne de six mètres de long sur quatre mètres de profondeur relié à deux rétro projecteur monté en batterie diffusant sur un écran en 16/9 énorme le plus beau shoot them up de tout les temps jamais réalisé.

J’ai été littéralement pétrifié sur place, change en statue de sel, complètement incapable d’émettre le moindre son et tel un paraplégique en phase terminale mes battement de cils étaient le dernier réflexe que mon corps pouvait exprimer. Et dire qu’un simple drap de lin me séparait du fantasme absolu !

Mais pas question d’y jouer le jour même car le jeu étaient encore en phase de test et autres réglages divers et variés.


Le lendemain (inutile de vous dire que la nuit qui précédait a été la plus longue de toute ma vie) j’étais devant la salle à l’ouverture et je n’étais pas seul une énorme foule de curieux était déjà là.

Quand le rideau de fer a commencé à s’ébranler une horde de joueurs se sont littéralement jeté sur ce monstre qu’était le Galaxian III comme des ménagères de moins de cinquante ans prêtes à s’écharper aux premiers jours des soldes. La queue pour jouer en quelques instants était monstrueuse et la borne était quasiment inaccessible de l’ouverture à la fermeture de la salle de jeu.

Je me rappelle encore de ma première partie : le jeu était si intense et prenant qu’à la fin de la partie outre les hurlements des joueurs j’avais la gorge aussi sèche que si j’avais été exposé dans le désert à un vent sub-saharien pendant plusieurs heures et le phénomène se reproduisait à chaque partie que je faisais. En jouant à ce jeu je n’arrivais plus à contrôler me respiration ce qui explique ce phénomène je pense.


Pour en revenir au jeu lui même l’orchestration des bruitages, des digits et autre effets sonores était absolument incroyable de vérité. Les six hauts parleurs Bose réparti dans la borne reproduisait à la perfection l’ambiance du cockpit d’un vaisseau spatial en pleine guerre der étoiles.

Les graphismes en image des synthèses miraculeux pour l’époque n’ont rien perdu de leur superbe et tienne toujours le coup aujourd’hui sans aucun problème.

Le jeu débute par le largage de votre vaisseau traversant la base spatiale de haut en bas jusqu’à la rampe de lancement. Le partie une fois débuter les six gunners n’auront d’autres but que de dégommer le plus de vaisseaux ennemies très rapidement afin d’éviter que ceux ci n’aient le temps de vous tirer dessus. Les plus grandes qualités que le joueur doit développer sont la mémoire la rapidité d’action et la précision dans le maniement du contrôleur. Ce dernier est muni de quatre boutons deux actionné pas les index et deux par les pouces. Mais appuyer normalement sur ces quatre boutons ne vous permettra jamais de gagner et terminer ce jeu. Je vous révéler un secret : la seule façon de finir vainqueur et de sauver la terre ah oui c’est vrai j’ai oublié de vous dire le jeu consiste à sauver la terre (question de principe) est de chopper une crise d’épilepsie. Non plus sérieusement il faut se placer en gunner 1 (à l’extrême gauche) faire vibrer sa main droite frénétiquement en appuyant sur les deux boutons de façon alternative tout en dirigeant la cible avec l’autre main qui elle doit être la plus précise qui soit. Cette technique à l’aire simple mais il m’a fallu plusieurs semaines avant de la mettre au point.



WE NEED BRAVEST GUNNERS

Comme je le disais précédemment le scénario est des plus sommaires :

Faire péter un astéroïde menaçant affublé d’un vilain canon laser braqué vers la terre (sobriété, efficacité) n’écoutant que votre courage (avec un fusil braqué dans le dos) vous enfourchez votre ovétaire de service et vous voici largué dans le vide spatial…….

L’aventure commence par une petite mise en jambe de cannardage de météorite puis avant d’amorcer votre descente sur le méchant astéroïde vous devrez vous débarrasser du vaisseau mère en orbite qui monte la garde. Franchissez les lignes ennemies au sol, infiltrez vous dans le complexe par un couloir dérobé puis une fois dans le cœur du réacteur détruisez le vilain canon fastoche hein ! La terre est sauve voilà fin de l’histoire…….. Champagne pour tout le monde ! THE END namco1994


Non tout ceci ne peut pas se finir aussi hidiliquement car le problème majeur est une fois de plus financier je m’explique : le crédit à l’époque de ce merveilleux jeux était de 30 francs et avant de pouvoir sauver les terriens et entre nous je me demande si ils en valent vraiment la peine mais bon on va dire que oui (un oui mitigé) je vous conseille de contracter un petit crédit chez Cétélem car le niveau de difficulté est très élevé et vous aurez eu le temps d’admirer plusieurs dizaines de fois la destruction de la terre (ma séquence préférée lorsque les six enceintes Bose crachent un max).

J’en ai encore la larme à l’œil si c’est vrai tenez regardez.

Tout ceci pour vous dire qu’il s’agit de la plus grandiose borne d’arcade jamais fabriqué à ce jour !

(Le G.LOC R360 SDMS faisant exception à la règle. (les dozés comprendront)

Et pour finir la meilleure chose que je puisse souhaiter à tout shoot them upper de base c’est d’avoir un jour la chance de croiser la route du Galaxian III Home Theater VI !

samedi 13 août 2011

Il était une fois, La Blonde et moi...Out run, par Jibé Jarraud.

Une invitation au voyage.


Quand on est petit garçon, les jeux de l'amour ne sont pas réellement concrets, excepté les copines de primaire qui nous bécotent de temps à autres et pour qui l'on craquera, ou l'éternel complexe d'œdipe qui fait parfois des siennes. A cet âge où l'innocence a encore le dessus sur les futurs instincts de perversité, j'ai découvert une de mes premières petites amies pixellisées, avant la fameuse Yuko de la série des Valis sur Pc Engine. La rencontre s'est faite via une borne d'arcade purement masculine : OutRun. Masculine, voire macho, vu que le but est de bomber le torse tel un fier-à -bras pour faire l'épate devant sa passagère, au bord de sa Ferrari Testarosa préparée décapotable pour l'occasion.


Premiers émois de virilité exacerbée car elle est blonde et forcément canon malgré les graphismes grossiers.
J'ai eu la chance d'avoir un père joueur, qui était un fanatique de Space Invaders. Quoi de plus naturel que de payer une partie à son fils qui bave devant la sculpturale borne de Sega, le volant invitant nécessairement à une balade accompagné d'une aussi jolie créature. La grande force d'Outrun au delà de la course proposée, sont ses décors qui changent à chaque check point, renforçant cet aspect voyage. Partir à l'aventure et ce sans escales. La musique désormais mythique, les cheveux au vent et cette blonde donnent un goût de Easy Rider, les bécanes en moins.


Liberté, voilà ce que ressent l'enfant de 9 ans que je suis, alors qu'il avale les kilomètres avec une certaine forme d'excitation, celle de se sentir adulte quelque part. Comme si le temps n'avait plus d'emprise, la route hypnotique faisant perdre les repères, intensifiant l'imagination fertile d'un môme qui jusque là limitait son émancipation naturelle à des combats cross-over entre Gobots, Transformers et Maitres de l'Univers. Des scènes de pugilats nécessaires au développement. Mais là, OutRun avait un atout séduction que les jouets de plastique ne proposent pas : La fille.


Et pensez bien qu'un enfant n'ira jamais emprunter une des Barbies de sa soeur et ce pour quelques raisons. La première c'est la honte de se retrouver avec en main la Pin Up créée par Mattel. La seconde c'est de risquer la colère et les pleurs de la frangine qui ira se plaindre aux autorités compétentes, appelées aussi Papa et Maman...


Sauf que dans Outrun pas de problèmes, la fille est à moi, même que je n'ai pas à rougir de l'exhiber. Et ce sentiment de puissance offert par le phallique bolide italien et cette gracile jeune femme à la chevelure dorée, ont quelque chose de sexuel. Sa proposition de nous enfuir elle et moi vers un paradis sans jamais nous retourner, fait que oui je la suis aveuglément. Et de facto, les robots transformables comme les muscles saillants de Musclor, deviennent désuets.


Cette blonde, cette satanée blonde dont je ne connaitrai jamais le nom, qui aura été source de phantasmes, deviendra malgré elle idéal féminin. Et c'est peut-être grâce ou à cause de ce jeu sorti en 1986, que ma préférence va vers celles qui ont les cheveux ensoleillés, tels l'astre hélianthe à son zénith durant la saison estivale; décorum d'OutRun, titre favorisant l'inspiration vers d'infinies latitudes...


Ecrit par Jibé (Zeplayer.com)

samedi 6 août 2011

Témoignage vidéoludique: Hieronymus donnovan (Real Tv).

(http://smellslike90spirit.blogspot.com/)

Retour en l’an de grâce 1994 :



J’ai 14 ans et je suis en cinquième. Depuis un an, ma console favorite est la Megadrive  et je passe beaucoup de temps à explorer les niveaux de Sonic, Chuck Rock, James Pond, Kid Chameleon, Bubsy et les autres jeux de plateformes disponibles sur la 16 bits de Sega. Se ravitailler en jeux n’est pas facile dans ma petite ville (le premier magasin de jeux vidéo n'ouvrira pas ses portes avant 4 ou 5 ans.) Le choix se limite au Jouet Club et ses 6 jeux au prix prohibitif et je n’ai pas souvent l’occasion de faire mes emplettes dans le rayon jeux vidéo de Cora, à l’exterieur de la ville. Ma maman n’a pas de voiture. Ma solution mensuelle se cache dans les magazines de jeux vidéo (Player One, Consoles + et Mega Force sont mes favoris). J’y attends la publicité d’Espace 3 Games et je choisis un ou deux jeux en promotion.  Après un échange standard de ma monnaie contre un chèque de ma mère, je découpe le bon présent en bas de la pub et j'envoie ma commande. Ce magasin est basé à côté de Lille, pas si loin de ma ville, alors je reçois les jeux en moins d’une semaine, même pendant la grande grève qui arrivera bientôt (en 1995). Mon autre source de découverte de jeux est le Vidéo Futur, où (jusqu’en 1996) il est possible d’en louer. Là-bas, j’ai la chance d’être apprécié par le patron (ça fait déjà cinq ans que je loue une vhs par jour) et j’emprunte souvent deux jeux pour le prix d’un. Ainsi, je découvre d’autres styles de jeu avec Desert Strike, California Games, PSG champions et Mortal Kombat. Mon intérêt reste plus fort pour les jeux de plateforme car je peux y jouer tout seul, et oui, je n’ai pas beaucoup d’amis. Difficile d’entretenir des amitiés en passant ses semaines chez maman et ses week-end et vacances chez papa, dans une ferme. Alors, je m’éclate tout seul avec Earthworm Jim chez l’une ou l’autre car je ne pars jamais sans ma Megadrive. Mais au fond de moi, je doute. Au collège et dans les magazines, la majorité semble me dire qu’il y a mieux que la Megadrive, il y a la Super Nintendo. Cela s'éternise depuis la sortie de cette console en 1992. A cette époque, je viens d’avoir, enfin, ma première console : La Master System II. J’avais réussi à décider mon père malgré l’avis négatif de ma mère qui était surtout contre le prix. Il faut dire que mes parents, qui m’ont eu à l'âge de 40 et 50 ans, sont très éloignés de la génération “jeux vidéo”. Pour eux, une console c’est une boite vide. Mais vu que je continue à dévorer les romans de Bruce Coville et Jules Verne et que je passe toujours autant de temps à la médiathèque, il est difficile de me dire que les jeux vidéo ont une mauvaise influence sur moi.


Avec la MS II, je passe des centaines d’heures à recommencer Alex Kidd dans le but d’y voir le bout et je découvre Sonic. Je ne veux pas en rester là, et rapidement, je décide de trouver un moyen d’obtenir la Megadrive. Je commence déjà par mettre de l’argent de côté, tout en lisant des articles élogieux sur la Super Nintendo et ses jeux. Dans ma classe, je me rends compte que cette console est le cadeau idéal de tout le monde, il y a même une fille qui en demande une pour son anniversaire. Elle a la console avec le Bazooka et invite les garçons les plus populaires à venir y jouer chez elle. Je n’ai pas le droit à une invitation. Puis, à l’été 1992, alors que je suis dans le Sud de la France, je passe des heures à regarder des plus grands que moi jouer à F-Zero sur une Super Nintendo mise en place dans le rayon jouet d’un Mammouth. Ce jeu me subjugue au point de trouver encore et encore une excuse pour devoir faire des achats et retourner au supermarché pour être témoin de la vitesse et la beauté de ce jeu futuriste. Par défi et parce que je me dis qu’il faut assumer ses choix et être fidèle, je ne dénigre pas la console de Sega et, en septembre 1992,  je fais une demande solennel à mes parents : Voici toutes mes économies de l’année, 420 Francs. J’aimerais, pour mon Noël ainsi que mon anniversaire (en janvier) obtenir la console de jeux appelée la Megadrive. Elle coûte très cher (1290 francs). Mais les jeux sont plus nombreux  mais surtout, ils sont plus longs et plus beaux comme vous pourrez le voir dans le jeu qui accompagne la console (Sonic), et je ne voudrai plus d’autres consoles avant de nombreuses années (peut être bien même après ma majorité et une autonomie totale en ce qui concerne mes rentrées et mes sorties financières.).  



Les convaincre fut difficile, mais un coup du destin (le premier) m’aide à obtenir l’objet tant convoité : Un jour d’octobre, alors que nous quittons le parc où nous nous baladons mon père et moi, dans la ville de Lillers, nous passons devant un petit magasin de jouets duquel je n’oublie jamais de regarder la vitrine. Là, je découvre une grande surprise : Une megadrive, première génération, à 800 francs. J’explique à mon père que c’est une affaire et je suppose que cette baisse est due à la sortie d’une nouvelle version de la console. Mon père accepte de rentrer dans le magasin. Nous connaissons bien le commerçant, un vieux de la vielle préparant son départ en retraite et se “débarrassant” de son stock. Mon père et lui en viennent même à parler en patois, je ne comprends pas tout mais j’ai l’impression qu’il y a là négociation à base d’échanges complices jusqu’a ce que mon père sorte son chéquier. Impossible de connaître la somme inscrite sur le chèque car au moment où je tente de regarder celui-ci, le vieil homme me tend le carton contenant la console, puis me donne un boîtier en me faisant un clin d’oeil et en  disant  “Ta boite, elle sert à rien sans un jeu”. Ce jour là, je repars avec ma nouvelle console Megadrive et un jeu : Talespine. Je sais que beaucoup penseront que ce jeu n’est pas terrible, mais c’est mon premier jeu 16 bits et il reste un excellent souvenir pour moi.  Cette anecdote m’a inspiré une scène de mon roman Real TV (même si elle n’a plus rien à voir avec l’original  !!).


Bien sûr, je suis incapable d’attendre Noël pour jouer avec ma Megadrive. Sur la route entre le magasin de jouets et la ferme de mon père, dans une Citroën Visa, je dévore le manuel de la console et surtout les petits dépliants présentant ses plus grands jeux. Pendant des jours, je dirige sans relâche Baloo dans les niveaux de Talespine dont la maniabilité en fait un jeu très difficile. Puis, les mois suivants, je profite de mes économies non utilisées pour me procurer la listes des jeux de plateformes cités au début de mon témoignage. Nous revoilà en 1994, je n’entends pas moins parler de la Super Nintendo et de ses superbes jeux et j’ai parfois l’occasion d’y jouer car tous mes “copains” possèdent cette console. Il y a même ceux qui ont une Super Nintendo parce que c’est à la mode et n’y touchent pratiquement pas. Dans ma classe, il y a Renaud. Je le connais un peu plus que les autres car ma mère est femme de ménage dans le lycée où sa mère est concierge. Lui, c’est encore plus fort, il a une Super Nintendo sans en avoir fait la demande à ses parents. Il joue parfois à Super Mario Kart et s'achète une nouveau jeu de temps en temps à l’envie. Renaud, c’est le mec qui est habillé comme les modèles de mon catalogue la Redoute dans la partie “tenue de sport” : casquette d’un club de basket américain différente selon le jour, dernier survêtement Adidas à la mode, en plusieurs coloris, T-shirt avec la marque bien visible au niveau de la poitrine (donc préférence pour Nike, Umbro et Adidas) et chaussures Pump en plusieurs coloris aussi. 



Les jeux vidéo sont loin d’être une passion pour lui, il préféré traîner, draguer les filles, fumer ses premières cigarettes et boire ses premiers pack de bières dans le square à côté du collège. Ce gars, c’est la star du collège  et il est très sympa avec moi. Bah oui, faudrait pas que sa mère en apprenne des biens bonnes par la mienne ! C’est ce qu’il doit penser, mais c’est pas trop mon genre. En cours, il s’assoit souvent à côté de moi, surtout en allemand, où nous sommes peu nombreux. Vu mon niveau dans cette langue, ça m’arrange, car Renaud n’est pas mauvais. Au final, sachant mon goût pour les jeux, il me parle régulierement des jeux qu’il vient d’acheter ou même, de voler à Cora. Super Mario World, Rock’n’Roll Racing ou encore Zelda, des jeux sur lesquels il passe quelques heures avant de les remiser dans un placard. Un jour, il me dit : “Si t’avais une Super Nintendo, je te filerais mes jeux, histoire que quelqu’un les termine” après un rire jaune, je lui réponds “bah, file moi la console qui va avec”. Il me regarde d’un air malicieux mais ne répond rien. Moi, je sais que ça va être difficile d’en avoir une, d’autant plus que l’arrivée de la Megadrive n’a pas été très appréciée par ma mère... Je me vois mal souffler la possibilité d’une nouvelle console. 



Le temps passe et je m’éclate notamment sur un genre nouveau pour moi, la baston sur moto, avec Road Rash et je reste fidèle à la plateforme avec Rocket Night Adventure.  Un petit événement survient à ce moment là de ma vie : j’ai un nouveau vélo. Acheté sur une braderie, ce vélo, je dois le dire, est magnifique. Gris chromé et comme neuf après un bon nettoyage, il s’avère être une copie exacte de ces vélos-cross de compétition avec lesquels on peut faire des figures. A une exception prés : Les fils des freins arrières sont bien invisibles (ils étaient dans le tube de ferraille), il est pourtant impossible de faire tourner le guidon sur lui-même. Ce vélo d’un valeur de 20 francs, me sert uniquement dans le village de mon père, où je parcours les champs en m’imaginant être un “challengers” comme dans un téléfilm vu en boucle après l’avoir enregistré sur M6. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai l’idée, un jour, de prendre ce vélo chez ma mère. J’ai sans doute conscience de l’effet qu’il a sur les mecs et que ça ne me fait pas de mal, pour une fois, d’être au centre de l’attention. De crâner un peu. Un mercredi où je me décide de venir au collège en vélo, je marque les esprits. Tout le monde me remarque et me demande des informations sur mon moyen de locomotion. Certains me proposent même de l’argent pour repartir avec, beaucoup d’argent. C’est peut-être de ma faute, car inspiré par ce soudain intérêt, je m’emporte et n’hésite pas à dire que la valeur de ce vélo n’est pas loin de 500 francs et que mon père l’a fait importer des Etats-Unis. En même temps, c’est peut-être vrai, les autocollants du vélo ne sont rien d’autres que des mots anglais ! C’est l’émeute. Dans ma tête, la même phrase tourne en boucle : “TOUT ÇA POUR UN VÉLO ! !” 


A midi, alors que j'enlève l’antivol de ma sublime monture,  un des caïds du collège me donne un coup dans les côtes et essaye de partir avec elle. Heureusement qu’un pion est présent et l’en empêche. J’en profite et je file en ayant la certitude que ce vélo rentrera chez papa le week-end suivant. L'après-midi même, je découvre la nouvelle cartouche livrée dans ma boite aux lettres :  Jordan vs Bird, mon premier jeu de basket. J’y comprends rien, l’arbitre siffle à chacun de mes mouvements quand Bird ne me pique systématiquement le ballon. 
A l’autre bout du fil : Renaud.
Eh mec, j’ai vu ton BMX ce matin. La classe.”
Ouais, merci”
Parait qu’il vient des states ?”
Ouaip, mon père a de la famille aux Etats-Unis” (qu’est-ce que je raconte là ?)
Alors, t’as peut-être moyen d’en récupérer un autre” 
Nan, j’crois pas, c’était vraiment un coup d’pot d’avoir celui là”
Ah.. Parait qu’tu veux pas le vendre”
Nan”
C’est con... Mes parents veulent pas m’payer un scoot avant l’année prochaine et en attendant, j’ai qu’un VTT MBK, la honte... Bon, et si je propose un échange?”
Quoi, je veux pas de ton VTT, même si c’est un MBK.”
Nan, pas mon VTT, t’es fou. Je parle de ma Super Nintendo, je te la file avec tous mes jeux contre ton vélo”.
Quoi ?... euh, non, ça craint. Nos mères vont nous prendre la tête...”
Ouais, pendant quelques jours et puis ça passera, t’inquiète, j’ai l’habitude. Ma mère, elle voit bien que ma Super Nintendo prend la poussière. Tiens, j’ai voulu qu’elle m’achète le nouveau Dragon Ball Z, j’y ai joué qu’une fois et elle m’a dit qu’elle m'achèterait plus de jeu...pff”
Je suis d’accord pour l’échange, où et quand ?”
Euh, bah, on peut dire le Parking de l’Europe, dans quinze minutes, le temps que j’emballe la console et les jeux...”
Ok, j’arrive... Eh, Renaud, pas de mauvais coup ?”
Euh, avec toi, je peux pas mec. ça craint avec nos parents.. Nan, pis, t’es sympa comme gars”
Ah, ok”.

Dragon Ball Z 2. My god ! Je suis un fou de Dragon Ball. Un jeu vidéo de ce manga, j’en rêve. La semaine dernière, j’ai loué la version Megadrive du jeu. Les tests de cette version n’étaient pas très positifs, j’ai préféré faire moi-même le test avant un éventuel achat. Pfff, j’ai pas réussi à jouer. Déjà, la croix directionnelle de la Megadrive n’est pas assez souple, pas moyen de faire des Kamehameha et autres coups spéciaux... et les graphismes sont moches. Alors que Dragon Ball Z 2.... J’ai eu l’occasion de voir la version japonaise tournée dans le Video Futur, car le fils du patron est là-bas après les cours et joue à la Super Nintendo sur l’écran normalement utilisé pour vérifier les bandes des VHS abîmés. Ce jeu est magnifique, je le voulais... Je suis heureux. Une heure plus tard, dans mon salon, je découvre les jeux échangés avec MA Super Nintendo. Quelques classiques : Super Mario Kart, Super Mario World et All Star, F-Zero (!!!!), Starwing, The legend of Zelda, Street Fighters II’ et quelques autres : Rock’n Roll Racing, Alien 3, Jurassic Park, Unnirally, Joe & Mac (version Super Nes) avec adaptateur et bien sur Dragon Ball Z 2. Je me lance directement dans ce jeu et pendant plusieurs heures, je m’évade dans l’univers créé par Akira Toriyama . Me voilà tellement absorbé et heureux d’envoyer des kamemehas au milieu de ces décors si majestueux que je ne sais même pas ce que je dis à ma mère quand elle rentre et me demande ce que c’est cette console en plus dans son meuble télé et toutes ses boites de jeux répandues sur le sol. Arrive tout de même le moment où elle me fait savoir que je vis CHEZ elle et que j’utilise SA télé et qu’elle aimerait profiter de SA soirée pour regarder la télévision. Et oui, il n’y a qu’une seule télévision à la maison, le soir, c’est lecture dans ma chambre. 

A cette époque, je découvre mes premiers pocket terreur (des livres de poche aux couvertures noir et rouge écrient par Masterton, Koontz, King et plein d’autres). On m’interdit de les emprunter à la bibliothèque municipale, alors, je les achète sur les braderies. Je m’endors rapidement ce soir là et je rêve sans doute de ma nouvelle console. Le lendemain, fidèle à mes habitudes, je suis levé à 6h et je ne perds pas de temps, je teste mes autres jeux en déjeunant, avant de partir en cours.
La majorité des cartouches sont dans un état irréprochable, les boites si fragiles des jeux Super Nintendo sont comme neuves, les boîtiers sentent encore le carton jamais sorti à l’air et les livrets sont en parfait état, certains étant accompagnés de publicités pour d’autres jeux ou d’invitation au Club Nintendo (Qui n’excite déjà plus à cette époque). La console quant à elle est très poussiéreuse, mais après un coup de chiffon, j’ai l’impression d’avoir une console sortant du magasin. Je connais pratiquement tous ces jeux à travers leurs tests dans les magazines. Celui dont j’ai le moins d’information est Unirally et au moment je le teste, je me demande comment un jeu comme celui là est arrivé chez Renaud. J’ai surtout la surprise de me prendre à ce jeu et j’y reviendrai souvent pour battre mes records. 



Un matin au collège, je découvre Renaud arrivé en cours dans un sale état : Cocards, arrête du nez partagé entre le jaune et le violet et lèvres abîmées. Il m’apprend que cinq mecs lui sont tombé dessus pour lui piquer mon, euh, son vélo, un soir qu’il rentrait chez lui. Il est certain qu’il s’agit de gars du collège, voire des potes à lui, mais il avait trop bu ce soir là pour s’en souvenir. C’est un monsieur promenant son chien qui l’avait retrouvé inanimé dans un fossé. “POUR UN VELO”, voilà ce que je me dis... C’est vraiment dans ce genre de moment que je me demandais ce que je faisais autour de gars comme lui. Pendant un temps, j’ai peur que Renaud ne se mette à réclamer sa console, mais il ne le fera jamais. Ouf ! Puis voilà qu’arrivent enfin les grandes vacances, je vais pouvoir profiter toute la journée de mes consoles, car je n’abandonne pas pour autant ma Megadrive, j’ai acheté une multi-péritel, quelle invention magnifique ! J’ai surtout négocié pour ne pas passer toutes mes vacances à la ferme, revendiquant que j’avais l'âge d’être un peu seul, eh oui, comme ma mère travaille toute la journée, j’ai la télévision uniquement pour moi. Le moment est parfait pour me lancer dans un nouveau style d’aventure, j’insère The Legend of Zelda dans la Super Nintendo et je me prends une claque pendant un mois en découvrant les aventures de Link, MES aventures. Je deviens vite accro à ce nouveau style de jeu, le mois suivant je me lance dans Illusion of times. Ma Megadrive ne sera pas en reste grâce à Landstalker et Light Crusader.. Puis retour vers Nintendo et Secret Of Mana.


Le destin avait tout fait pour faciliter ma découverte d’une nouvelle génération de consoles et d’un plaisir de jeu toujours plus fort. Avec la Megadrive puis la Super Nintendo, j’ai surtout eu conscience de la présence d’une histoire dans un jeu vidéo, du suivi de l’évolution d’un personnage et de la capacité d’un jeu à pouvoir vous transporter vers un univers inconnu. Comme... un film et un roman. Non, les consoles ne sont pas des boites à vide mais des boites à rêves où c’est avant tout le joueur qui décide du destin de son avatar.

Hieronymus Donnovan

Retrouver Hieronymus sur son blog consacré aux années 90 =http://smellslike90spirit.blogspot.com/
Découvrir son premier roman sur son site = http://www.hieronymusdonnovan.com/



 
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