vendredi 4 juin 2010

Rap, mafia et jeux vidéo...

A l’origine du jeu vidéo : les salles d’arcades, le japon. La mafia locale, les yakusas, en assurait la « protection ». L’Akihabara français, le boulevard voltaire, quant à lui a toujours eu « l’aura », d’une mafia (il persiste depuis longtemps cette rumeur selon laquelle une même famille serait détentrice de la quinzaine de boutiques du quartier), les salles d’arcades, enfumées, des années 80 n’avaient pas mieux préparé le terrain. Le jeu vidéo serait donc (d’origine) connecté ?...un peu, un peu comme le rap en fait.


Mouvement culturel, issu de la rue, et a plusieurs composantes (le hip-hop et le graff, notamment) le rap flirte aussi un temps soit peu avec la mafia. Le Gangsta rap compte parmi ses artistes beaucoup d’anciens membres de gang.



Nous sommes à la mi-avril 2010, le rappeur Guru (Gang Starr, Jazzmatazz) vient de mourir. La guerre autour du musée jeu vidéo (qui vient d’ouvrir/fermer suite à un étrange  problème d’ascenseur), quand à elle, a commencée. Elle m’apparait bien sur, dérisoire, un peu comme tout ce qui ne tue pas ...d’ailleurs. En apparence, aucuns liens entre ces deux évènements ? Et pourtant ! Cet article commence à apparaitre.



« T’as du retard, j’te le dis d’avance. Pendant qu’on se mange entre nous, les autres avancent. », Cette phrase de Kery James (Rappeur français) pourrait bien résumer, à sa façon, cette petite guerre-guerre pour la « paternité » du musée du jeu vidéo qui s’est depuis peu engagé.Une association (MO5) d’un coté (soutenu par le ministère de la culture) et une société spécialisée dans l'organisation d'évenements (Alerte orange) de l’autre qui a réussie, de son coté , à créer, au sommet de l’arche de la défense, le premier musée du jeu vidéo. Le jeu vidéo a toujours véhiculé une image « d’initié », de truc à part…et ses « protecteurs » de toujours n’y sont pas étranger, je pense. Seulement voilà, mes amis retrogamers, le jeu vidéo appartient à tous… et pour le rap, c’est la meme chose. Au départ underground, il s’est ouvert pour  devenir  grand public, faut- il s'y  faire ? Bah... va falloir, je crois !


Sur cette photo, GURU (le regretté rappeur) posant devant une borne d’arcade Egret 2 (son nom) de chez Taito (son fabriquant)…m’offre cette réflexion. La photo est prise au sein de la première boutique Neo legend (partenaire du musée du 1 er jeu vidéo et 1er dealer de bornes d’arcades japonaises, en France.).Vous voyez ? Même avec un point de départ un peu alambiqué, l’on trouve déjà des résonnances rap / jeu vidéo et c'est bien normal finalement …



Le rap et le jeu vidéo, sont tous les deux nés dans les années 80 et  tous les deux ont connus des premiers pas difficiles. Seulement quelques milliers de fidèles et c’est  logique : des premiers lieux d’expositions plutôt mal famés, des disciplines où tout est à inventer. Pas de quoi attirer les foules ! Ainsi, alors que les premiers programmeurs et leurs jeux de plus en plus innovants évoluaient, les premiers dj et leurs créations commencent à intégrer de plus en plus de techniques- et de samples- à leurs musiques. Les fights de dance commencent, les graffitis s’installent. Le rap a des phrasés de plus en plus pur, dur...hardcore. On dit aussi, pour le jeu,  hardcore gamer ? En effet.


Et c'est normal ! Le jeu vidéo et le rap sont les fruits d’une même génération et de la même manière ces deux là sont devenus grand public, industriel…et en meme temps ! Là, j’oublie un instant les salles d’arcade et l’absence de loi évin et me souviens juste que les studios, au départ, qu’ils soient de programmations ou d’enregistrements, n’existaient pas ! Le staff ? C’était plutôt un "gus", tout seul, qui tâtonne, échantillonne, seul, maitre à bord. Au bord du vide (bide ?). Tout débute donc dans les années 80 et s’accélére ensuite en 1990. Aujourd’hui, c'est un business qui ,dans les deux cas, a dépassé l’entendement (comprendre, la génération qui précède !).



Parmi cette génération (la notre) certains d’entre nous ont eu la chance de faire partie du noyau dur, celui du départ ! La plupart du temps autant acteurs du mouvement que consommateurs des premières productions. L’origine d’un attachement plus que passionné ? c’est clair ! D'où ce besoin. Celui d’exercer un pouvoir sur la légitimité de telle ou telle production, celui de préserver les racines et maintenir le cap. On parlera ici d’Old School (en parlant des jeux en 2D et du rap « à l’ancienne ») par opposition aux succès grand public grandissants. Une opposition à la 3D systématisante et à ses beaux graphismes sans âme, sans innovations ; pour le jeu. Un affront aux textes sans contenus, sans revendications, sans créativité et bourré de samples de pop ; pour le rap. Hardcore, les anciens ? (je parle des gens qui se nourrissent de rap et/ou de jeux vidéo depuis 30 ans). Pas tous…et heureusement en fait, même si l’ouverture ne doit pas signifier l’abandon de la base !



 Sur cette vidéo, AKH me fait un peu peur à dire vrai ...


A l’écrit ? Les rappeurs et les chroniqueurs du jeu vidéo ont aussi leur lot de points communs.
La chroni(c)que ? même si de forme différente, en est une…mais il n'y a pas que ça.

JM Destroy, Gollum, Rahan, Banasan, AHL, Matt Murdock, J’m destroy, Crevette puis jb le poulpe, H.Falcon, Manga et Sempai (Jay)… les chroni(c)queurs ont toujours eu (historiquement) des surnoms. Entre les lignes de ces « blazes » j’y vois du Ice cube, du Dr.dre, ou du Snoop dogg… pas vous ? les chroniqueurs actuels, quant à eux, ont un nom et un prénom…aujourd’hui Gollum s’appel Julien C ; l’évolution ? Doit y avoir de ça ! Bon, là le rap reste différent, Bruno Lopez n’a pas sortis d’album que je sache ?... Le coté « featuring », est aussi préservé. On se soutient les uns et les autres dans ces deux milieux, la culture comme ciment la passion comme point commun. Ainsi il n’est pas rare qu’un chroniqueur débutant produise un texte chez le plus expérimenté ou qu’à l’inverse le plus connu, le face connaitre. Le rappeur fera de même sur un album ou en concert le temps d’un clip, d’une émission. Le soutien entre paires, fonctionne aussi pour ces deux là. Un « featuring » dans le rap, on peut parler (pour le jeu) de contribution...n'oublions pas, toutefois,  la grande présence, dans les deux camps, de vrai parrains et pret à tout pour le rester ! Don corleone et Don M......, meme combat !



Enfin, il y a aussi, bien sur, les productions evidemment ! Et qui s’inspirent mutuellement. Et, bien au-delà des bruitages samplés et issus de Street fighter II présents par endroits de NTM et à I AM, les liens entre rap et jeu vidéo sont multiples et multiformes et intéragissent plus que jamais ! "Je suis Super Mario, t'es luigi, luigi" (Booba,"jimmy deux fois".). De Parapa the rappeur sorti sur la première PlayStation (l’un des premiers rythme Game) à 50 Cent (le jeu… trés pourri.). Ainsi, dans GTA San Andreas l’on pourra écouter du Dr Dre tout en se promenant en voiture. Dans, Jet set radio, l’on pourra tagger une ville entière, c’est même le but du jeu ! Mieux encore, les murs de nos villes, hier taggés par nos rappeurs sont désormais mosaïqués de Space invaders et autres personnages du Jeu Vidéo.



« Ma vie c’est pas un jeu vidéo » qu’il disait. Et pourtant ! Ces deux arts de rues se sont rejoint semble-
t-il ! Alors, voilà, mêmes si les passionnés de la première heure de ces deux cultures seront autant écœurés devant le gameplay casual d’une Wii que par la production « rap » actuel (qui n’ont plus du tout l’âme Old School) et qui s’apparente plus à de la variété et des redites qu’à des titres Hardcores. Nous devons, nous réjouir et stopper tous affronts !


Une génération a fait le rap, a fait le jeu vidéo, la suivante les a érigés en phénomène de masse, en énorme succès financiers… ainsi soit-il ! C’est parfait ! A nous de continuer ensemble à faire évoluer et à préserver ces deux cultures, les nôtres. Sans pour autant les refermer. AKH donnerait le bon exemple finalement ? Ben… surement !
N .B= Merci à Raphaël (NEO LEGEND) pour m’avoir permit d’utiliser sa photo avec guru et solar. Je n’aurais pas fait cet article sans.

Le VinZ (Carnivore)

3 commentaires:

  1. LoS AnGeLiNoS7 juin 2010 09:43

    Toujours aussi bon tes articles, celui-ci me parle pas mal même. Par contre ce n'est pas Solaar avec Guru. Bonne continuation Mr. Carnivore VZ.

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  2. C'est effectivement Solar...orthographe rectifiée, los ;)

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  3. Salut j'ai trouvé ton article très intéressant, et ya meme des graffs de cope 2 dans gta 4 comme quoi le jeu vidéo reconnais le hip hop comme art.

    Peace

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